Cet article est extrait de la chronique Terrains de Jeux du 24 mars 2016, à lire en intégralité ici.

Raymond Moore, directeur du Tournoi de tennis d’Indian Wells a démissionné, mardi 22 mars, deux jours après avoir tenu des propos sexistes qui ont entraîné une violente polémique. Dimanche, à l’issue du tournoi qui avait vu les victoires de Novak Djokovic et de Victoria Azarenka, Raymond Moore avait déclaré: «Dans ma prochaine vie, quand je reviendrai, je veux être membre de la WTA (rires), parce qu’ils ne font que profiter du succès des hommes. Ils ne prennent aucune décision et ils sont chanceux. Ils sont très, très chanceux. Si j’étais une joueuse, je me mettrais à genoux chaque soir pour remercier Dieu d’avoir donné naissance à Roger Federer et Rafa Nadal parce qu’ils ont porté ce sport».

Les réactions n’ont pas tardé dont celle de Billie Jean King, championne et pionnière qui a milité pour l’égalité des prix entre hommes et femmes, ou encore l’association des joueuses professionnelles (WTA).

Parmi les réponses, celle une fois encore impeccable de Serena Williams, finaliste à Indian Wells: «Aucune femme ne devrait se mettre à genoux pour remercier qui que ce soit». Victoria Azarenka a, elle, déploré le sexisme, pas seulement dans le tennis: «Nous essayons de nous battre pour l’égalité, et parfois ce combat n’est pas reconnu. Je pense que le mieux à faire pour les femmes, c’est de s’élever contre ce genre de commentaires.»

Polémique dans la polémique: Novak Djokovic s’est fait taper sur les doigts pour avoir déclaré à chaud et malgré beaucoup de précautions que dans la mesure où les matches masculins attirent plus de monde, il est logique que les joueurs gagnent plus d’argent mais que la même logique s’appliquerait aussi dans le cas inverse (il a très vite présenté des excuses pour avoir mal formulé sa pensée). Ce à quoi Andy Murray a répliqué: «Novak a dit que si les femmes faisaient vendre plus de tickets, elles devraient toucher plus d’argent, mais dans un tournoi comme celui-ci, si Serena joue sur le Central et qu’il y a également un match de Stakhovsky, les gens viendront voir Serena. Le public vient également voir les femmes jouer, cela dépend des jours, des matches programmés. Le tennis masculin a de la chance depuis dix ans avec de grosses rivalités entre les joueurs. C’est génial mais tout le tennis devrait en profiter, pas seulement les hommes.»

Et Serena Williams, une nouvelle fois, a mis le doigt sur une évidence: «Si j’avais une fille et un garçon qui jouaient au tennis, je ne dirais pas à mon fils qu’il mérite plus d’argent juste parce qu’il est un garçon. S’ils commençaient tous les deux à trois ans, je dirais qu’ils méritent de gagner la même chose. Tout ceci est ridicule. Novak a le droit de penser ce qu’il veut, mais s’il avait une fille, il devrait lui dire que son frère mérite plus d’argent qu’elle. Je n’opposerai jamais les deux sexes, et je pense que c’est injuste de comparer.»

La championne américaine de football Abby Wambach, qui est ouvertement lesbienne, elle, s’était étranglée en lisant The New York Times: