Est-ce le procès de la «théorie du genre» comme l’écrit France Bleu ou celui des «journées de retrait de l’école» comme le titre Le Monde? Ou plus simplement celui d’une calomnie avérée? Le procès qui s’est tenu hier à Tours a suscité la curiosité en raison de la personnalité des deux prévenues: deux femmes, Dalila Hassan et Farida Belghoul, membres du collectif JRE, pour Journée de retrait de l’école, comparaissaient pour diffamation et complicité de diffamation envers une enseignante de l’école de la Blotterie à Joué les Tours.

D’après la journaliste de France Bleu qui a assisté à l’audience à Tours, Farida Belghoul semblait très sûre d’elle. Mais la présidente du tribunal n’a pas manqué de lui rappeler que ce n’était pas une tribune politique. L’avocat de l’institutrice qui portait plainte ne dit pas autre chose. «C’est un procès parce qu’une enseignante a été profondément calomniée et qu’elle a dû en subir des conséquences très importantes dans sa vie privée et sa vie professionnelle.»

En mars 2014, en pleine polémique sur les ABCD de l’égalité, Farida Belghoul et Dalila Hassan, avaient tourné une vidéo accusant une institutrice d’attouchements sur des élèves. Une accusation vite balayée par une enquête sur place. Farida Belghoul, c’est le fer de lance du combat contre la supposée «théorie du genre» et elle avait incité les familles musulmanes à retirer leurs enfants de l’école pour protester contre l’enseignement de l’égalité.  En octobre 2014, Farida Belghoul reçoit un blâme de l’Éducation nationale. Le rectorat de Versailles lui reproche alors d’«inciter des parents à retirer leur enfant de l’école (…) en méconnaissance de l’obligation d’assiduité».
Prévu pour se tenir tout début janvier 2016, ce procès avait été repoussé à la demande de l’avocat de Farida Belghoul. Le procureur de la République a requis la condamnation des deux prévenues à des peines d’amende. Le jugement a été mis en délibéré au 19 mai.