Le soleil est de la partie. Jeudi 17 mars, vers 17h, plusieurs centaines de skieurs, de touristes et de militant.e.s, se sont élancé.e.s depuis le chalet du Bollin à Tignes, pour descendre ensuite vers la station. Récit et photos de la première marche des fiertés de 2016.

En tête, sur une motoski, Jean-Luc Romero, le parrain de cette deuxième édition de la Lesbian and Gay Pride de Tignes, seule du genre en station de montagne. Aux commandes de l’engin, le maire de Tignes, Jean-Christophe Vitale. Il se réjouit de voir cette marche gagner en notoriété. «C’est la deuxième édition et il y a beaucoup de monde. Ça monte en puissance. Les habitant.e.s sont ravi.e.s, les commerçant.e.s et les professionnel.les du tourisme aussi. La marche, c’est d’abord un moment de partage qui ouvre le printemps. On est au XXIe siècle, il faut qu’on arrive à se comprendre, à s’entendre et à avancer.» Le maire nous confie qu’il n’a jamais reçu de commentaire négatif sur son positionnement gay-friendly.

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Jean-Christophe Vitale aux commandes de la moto-neige avec à l’arrière Jean-Luc Romero

Peu de femmes sont présentes dans le cortège. La marche attire surtout des gays, présents sur la station pour la European Snow Pride (ESP), qui réunit près de 800 fans de neige et de clubbing (il y a une soirée à thème tous les jours ainsi qu’un festival de cinéma dont Yagg est partenaire). Olivier, l’organisateur de la ESP, a passé la semaine à partager l’information auprès des skieurs. «La European Snow Pride est un évènement commercial, c’est clair. Mais c’est bien de partager aussi un moment militant.»

 

En tant que président de la Fierté Montpellier-Tignes, nouveau nom de la Lesbian and Gay Pride, Vincent Boileau-Autin est à la manœuvre depuis le début de l’après-midi pour faire en sorte que tout se passe bien. «Il faut tenir compte des spécificités de la montagne, c’est pour ça par exemple que le char de tête est une dameuse. C’est important d’avoir une marche en hiver et de pouvoir la faire dans une station friendly.»

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Vincent Boileau-Autin et Jean-Luc Romero

Jean-Luc Romero a répondu présent à l’invitation de Vincent pour plusieurs raisons. «C’est symbolique. On est dans la région de Laurent Wauquiez, qui est le seul président de région qui dit qu’il veut revenir sur le mariage pour tous. Deuxième chose, c’est la seule station de ski où il y a une gay pride. Dans cette ville de 2000 habitants, c’est bien que le maire accepte que se tienne un tel événement».

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Jérémie Malek (à droite), conseiller municipal à la mairie de Montpellier, délégué à la lutte contre les discriminations.

 

De l’avis général, la marche est avant tout festive. Après les discours, au pied des pistes, elle s’est conclue par un before… par – 5 degrés.

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Après la marche, le before au pied des pistes

Photos Christophe Martet