Hillary a provoqué la colère de nombreux militants gay et anti-VIH aux Etats-Unis après un commentaire sur le décès de Nancy Reagan. La candidate à l’élection présidentielle américaine a en effet déclaré sur MSNBC que la femme – récemment décédée – de Ronald Reagan, président des USA de 1981 à 1989, avait « contribué à lancer une discussion » sur le VIH/Sida, « à une époque où parler du sida était difficile », qualifiant l’attitude de l’anienne première dame de « militantisme discret mais très efficace ».

Or, dans les années 1980, les militants n’ont eu de cesse de dénoncer au contraire le silence des Reagan sur la question. L’ancien président ne s’est exprimé sur la question publiquement qu’en 1987, alors que l’on comptait déjà plus de 20 000 morts aux Etats Unis. L’épidémie avait commencé 6 ou 7 ans auparavant. Le célèbre slogan « Silence = mort » donné à Act Up-New York par ses créateurs, a été lancé justement en réponse au silence de Ronald Reagan.

« PURE CONNERIE »
Interrogé par Slate, Larry Kramer, fondateur des GMHC et d’Act Up-New York ne décolère pas:

« Je me demande si Hillary savait à quel point ce qu’elle a dit semble haineux pour ceux qui allaient la soutenir. Pour la première fois, je me suis demandé si j’allais voter pour elle. Nancy n’a jamais rien dit! Oh s’il vous plaît ne me lancez pas sur le sujet… Elle et Ronnie n’allaient en aucun cas parler de sida parce qu’ils avaient un fils danseur de ballet, que le monde croit gay, ce qu’ils ne voulaient pas avoir à affronter. »

Sur Facebook, Cleve Jones, ancien compagnon de route d’Harvey Milk et militant anti-VIH de la première heure à San Francisco a qualifié les déclarations d’Hillary Clinton de « pure connerie » et de « dégoûtantes ».

Hillary Clinton a rapidement pris conscience de son erreur et s’est excusée: « Alors que les Reagan faisaient la promotion de la recherche sur les cellules souche et pour la recherche d’un traitement pour la maladie d’Alzheimer, je me suis trompée sur la question du VIH et du sida. Pour cela, je suis désolée. »