Un article de La Voix du Nord rapporte l’agression de Manon, une femme trans dans le métro de Lille, survenue vendredi 4 mars. Des insultes transphobes et sexistes d’abord, de la part d’un groupe de jeunes, puis des coups un peu plus tard en pleine rue de la part de deux d’entre eux, après que Manon a été escortée à la sortie de la station par des agents de sécurité, à qui elle a demandé de l’aide.

Une plainte a été déposée. L’Association nationale transgenre (ANT) a évoqué l’affaire dans son communiqué à l’occasion du 8 mars, Journée internationale pour les droits des femmes: «Les services de police et le Procureur de la République de Lille doivent prendre la mesure de tels actes qui, s’ils ne sont pas réprimés, ouvriront un jour la porte à l’irréparable. L’Association Nationale transgenre ne peut que condamner de tels actes de violence, et se réserve le droit de se porter partie civile dans cette affaire.»

Dans son dernier rapport, l’association SOS homophobie a relevé que les manifestations de LGBTphobies dans l’espace public sont encore très fréquentes. En 2014, elle a recueilli 215 témoignages représentant 228 cas d’actes homophobes et transphobes commis dans ce contexte: «32 % des actes homophobes et transphobes commis dans un lieu public font état d’une agression physique ou sexuelle. Un chiffre notable puisque identique à l’année précédente. (…) 17% des actes homophobes et transphobes commis dans les lieux publics en 2014 se sont produits dans les transports en commun (contre 12% en 2013), des lieux clos où la proximité physique entre les personnes favorise le passage à l’acte. Sont compris dans cette catégorie les actes perpétrés dans un bus, un métro ou un train, mais aussi ceux commis aux arrêts de bus et sur les quais de gare. En effet,de nombreuses victimes nous ont témoigné avoir été agressées en attendant le bus ou le métro.»