A l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, plusieurs associations féministes et LGBT pointent l’inaction du gouvernement en matière de lutte contre les discriminations sexistes, mais aussi transphobes et lesbophobes.

«NOUS NE VOULONS PAS…»
Pour répondre à la sempiternelle question destinée à saper toute revendication féministe, la fameuse «Mais qu’est-ce qu’elles veulent encore ?», les militantes de l’association FièrEs ont décidé de faire la liste de tout ce qu’elles ne veulent pas:

«Nous ne voulons pas d’une société qui hiérarchise les sexualités et érige l’hétérosexualité en norme obligatoire. Nous ne voulons pas de vos politiques patriarcales, capitalistes et racistes qui déshumanisent les migrant.e.s et les femmes réfugiées et les vulnérabilisent face à toutes les violences.»

«Nous ne voulons pas taire le fait que dans tous les milieux sociaux, dans toutes les rues, par tous types d’hommes, des femmes se font harceler, violer et agresser sexuellement. Nous ne voulons pas que nos luttes et nos argumentaires soient récupérés à des fins racistes et classistes. Nous ne voulons pas et ne continuerons pas à accepter d’être silenciées, niées dans nos expressions, dans nos luttes, dans nos identités et nos sexualités.»Les militantes de FièrEs était présente à la manifestation du dimanche 6 mars pour les droits des femmes.

Le collectif du 8 mars pour tou.te.s, organisateur de cette marche féministe, a lui aussi publié un communiqué: «Autodéfense collective contre les violences de l’État et des hommes cisgenres, solidarité féministe entre touTEs, égalité des droits… Les slogans contre le sexisme, la transphobie, la lesbophobie, le racisme, l’islamophobie, la guerre et l’État d’urgence, ont résonné tout le long du parcours.» Le collectif a aussi rappelé qu’une manifestante a été arrêtée pendant la manifestation en raison du message pro-palestinien présent sur son t-shirt: «Cette arrestation en pleine manifestation est des plus inquiétantes quant à la politique de criminalisation des luttes politiques» s’inquiète les militantes. (Lire aussi la tribune: «Pourquoi nous irons marcher ce dimanche de Belleville à Hôtel de Ville», par les membres du Collectif 8 mars pour tou.te.s)

AUCUNE PROTECTION POUR LES PLUS VULNÉRABLES
De son côté, Act Up-Paris rappelle aussi que le sida touche durement les femmes et qu’il est la première cause de mortalité des femmes de 15-44 ans dans le monde:

«En France, des femmes parmi les plus minorisées, discriminées, visées par des mesures répressives et sécuritaires restent en première ligne face au virus: migrantes, travailleuses du sexe, usagères de drogues, trans continuent à payer un lourd tribut à l’épidémie.»

«Le 8 mars, Journée Internationale de Luttes pour les Droits des Femmes, lutter contre le sida, c’est rappeler que la lutte contre l’épidémie est indissociable des luttes féministes.

Dans son communiqué, l’Association Nationale Transgenre (ANT) rappelle que les femmes trans sont elles aussi victimes de violences et de propos sexistes, touchées par la précarité et les discriminations: «La Journée Internationale des droits des femmes se doit d’être inclusive de toute personne revendiquant une identité de genre féminine, et ce quelle que soit son orientation sexuelle», insiste l’association: «Notre association est particulièrement préoccupée par le sexisme, l’homophobie et la transphobie qui ne reculent pas en France, loin de là, du fait de politiques publiques frileuses, voire inexistantes, en particulier concernant le respect des droits des personnes transgenres.» L’ANT appelle le gouvernement à agir en direction des personnes trans:

«Le gouvernement en place doit entendre la voix de la raison, celle du respect des droits humains et non celle des intégristes religieux et des sexistes; elle doit ouvrir immédiatement le changement d’état civil libre et gratuit aux personnes transgenres et l’accès à la PMA à toutes les personnes désirant un enfant. Sans oublier de permettre la reconnaissance par la loi des violences et discriminations à raison de l’identité de genre.»

A QUAND LE CONCRET?
Des revendication soutenues par l’Inter-LGBT, qui réclame «des actes concrets pour répondre à des problèmes concrets»: «Il est inacceptable qu’aujourd’hui en France la PMA ne soit toujours pas ouverte à toutes les femmes et que la filiation ne soit pas établie dès la naissance, obligeant la mère qui ne l’a pas porté à adopter son propre enfant. Et qu’en est-il du ministère des Droits des femmes? Qu’en est-il de l’engagement du Président et de son gouvernement de porter une véritable politique en matière d’égalité femme/homme? et du droit à disposer de son corps? Toute personne doit pouvoir disposer librement de son corps pour elle-même, que ce soit pour avorter (IVG), pour procréer (PMA) ou pour transitionner (transition pour les personnes trans).»