Ce dimanche 6 mars, nous, féministes, manifesterons dans les rues de Paris à l’occasion de la Journée Internationale de luttes pour les droits des femmes. L’an dernier, nous étions 6000, soit plus du double de l’année précédente. Pourquoi? Parce que la construction collective d’un espace féministe nous appartenant à tou.te.s reste essentielle, dans un contexte d’État d’urgence où le féminisme semble se dissoudre dans le racisme, la transphobie, et une gestion policière et carcérale de la pauvreté et des inégalités sociales.

“L’égalité” ne semble désormais qu’un instrument vide de sens, utilisé par des organisations politiques et institutionnelles qui refusent de prendre réellement en compte les discriminations et violences hétéro-cis-patriarcales. Pire, de viles stratégies politiciennes instrumentalisent nos luttes féministes contre ces discriminations et violences pour en faire le paravent de politiques réactionnaires, sécuritaires et racistes, dans des manœuvres qui renforcent ces violences, en excluant notamment certaines catégories de femmes des espaces féministes et de l’espace public.

OUI, nous sommes convaincu.e.s qu’encore aujourd’hui, être féministe reste une nécessité: Doubles journées de travail, inégalités salariales, harcèlement dans l’espace public, sur le lieu de travail et dans l’intimité, violences sexuelles, violences et discriminations sexistes, transphobie et lesbophobie encouragées par l’État… nous mesurons quotidiennement les conséquences sociales et économiques du sexisme, de l’héteronormativité, de la transphobie.

Oui, nous nous battons d’un même élan contre l’exclusion et la stigmatisation des femmes voilées, contre la pénalisation des travailleuses du sexe et les politiques répressives qui les mettent en danger, contre la pathologisation et la psychiatrisation des personnes trans qui les exposent aux discriminations, à la précarité et à la violence, contre l’exclusion des lesbiennes et des personnes trans de la PMA et de filiations réellement reconnues et protégées, pour le droit de touTEs à la contraception et à l’avortement…

Nous menons ces luttes ensemble car nous savons qu’elles relèvent du même combat contre un système de genre qui classe et hiérarchise les individus en deux catégories, au bénéfice des « hommes » et au détriment des « femmes » et de touTEs les autres, Nous menons ces luttes ensemble car nous refusons que l’émancipation des unEs ne serve l’oppression des autres.

Parce que nous sommes agressé.e.s, silencié.e.s, violé.e.s, exclu.e.s de l’espace public et des décisions qui nous affectent, nous souhaitons créer un espace de solidarité et de résistance qui se veut le plus inclusif possible.

Manifester à Belleville dimanche, c’est faire entendre nos voix, occuper l’espace qui nous est refusé, rendre visibles nos luttes, nos colères et nos revendications, dans un cortège qui nous ressemble et qui nous écoute.

Car sur qui pouvons-nous compter aujourd’hui? L’institution judiciaire condamne les femmes, les personnes trans et/ou intersexes et toutes les minorités de genre qui se défendent, pendant qu’elle acquitte les flics qui assassinent et les violeurs.

L’austérité, la casse du droit du travail, la fermeture des frontières et les lois racistes, c’est la dégradation de notre santé et de notre accès aux soins, au logement et à l’éducation, c’est la restriction de notre liberté de circulation et d’installation comme l’augmentation du volume de travail domestique ou encore de la contrainte (économique et politique) à la vie conjugale même lorsque celle-ci est source de violences.

Organisons-nous pour nous défendre! Réclamons une meilleure répartition des richesses que nous produisons, exigeons un système de santé respectueux de nos corps et de nos décisions, revendiquons un espace public accessible à touTEs, et soyons solidaires avec les plus stigmatiséEs, répriméEs, et précaires d’entre nous !

Retrouvons-nous le 6 mars à Belleville à 14h pour lutter et résister, ensemble et solidaires. Des tables d’info associatives seront installées dès 12h sur le terre-plein central de Belleville: venez discuter et vous renseigner.

Et parce que cette année autour du 8 mars il y a plus qu’une manif’, découvrez aussi tout le programme du FESTIVAL (débat Genre Corps Santé et Resistance le 8 mars, soirée le 19 mars,…).

Coline, Marcia et Nelly, membres de l’AG féministe organisatrice du 8 mars 2016

La manifestation est soutenue par: Collectif 8 mars pour touTEs, OUTrans !, Fightback, FéminiCités, Les Méduses – Groupe d’Autodéfense Féministe, Réseau Pluri-Artistique et Multi-Culturel – De Profundis, Collectif La Rage, CongoActif, FièrEs, Mwasi-Collectif afroféministe, Acceptess-T, Femmes en Lutte 93, MWASI – Collectif Afroféministe, Garçes, d’HomoSFèRe (LGBT de SFR), STRASS (Syndicat du TRAvail Sexuel), Les Peaux Cibles – Collectif de Féministes Afro-descendant.e.s (Rennes), Le Collectif Existrans, Le Collectif des Femmes de Strasbourg St Denis, le MAG Jeunes LGBT, le Collectif Droits et Prostitution, le Parti Pirate, le Collectif Féministe Pour l’Egalité, SOS Homophobie, Les Roses d’Acier, Les Ourses à Plumes, Génération Palestine, Act Up-Paris, FLUO (Fédération Libertaire Unitaire Ouverte), Pride de Nuit, Association de lutte contre l’islamophobie et les racismes-Paris 20ème, NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste), Mamans Toutes Egales (MTE)