Après avoir été repoussée la semaine dernière, l’audience en appel a bien eu lieu hier jeudi 3 mars. Étaient jugés six étudiants, âgés entre 19 et 23 ans, arrêtés lors d’une descente de police le 10 décembre 2015 et jugés dès le lendemain. Ils avaient été condamnés à trois ans d’emprisonnement, la peine maximale prévue par l’article 230 du code pénal tunisien et à un bannissement de cinq ans de la ville de Kairouan. Début janvier, ils avaient finalement été libérés sous caution.

UN «MANQUE DE COURAGE»
Selon l’association LGBT Shams, la cour d’appel de Sousse a condamné les six étudiants à un mois de prison et à 400 dinars d’amende (environ 180 euros) pour homosexualité et a annulé la mesure de bannissement de la ville de Kairouan.

La cour a infirmé le jugement concernant l’atteinte a la pudeur: «Ainsi les six jeunes de Kairouan resteront libres, mais coupables aux yeux de la loi pour homosexualité», rapporte l’association Shams qui «exprime sa déception face au manque de courage de la cour et considère ce jugement comme une atteinte aux droits de l’homme et à la dignité humaine.» Après leur arrestation, les six jeunes avaient été contraints de se soumettre à des tests anaux, une pratique contre laquelle lutte Shams.

UN MESSAGE POUR DIRE QUE LA LOI NE CHANGERA PAS?
Un nouveau signal en direction des personnes LGBT en Tunisie? Pour Yadh Krendel de l’association Shams, rien n’est absolument certain: «La décision pourrait être politique, affirme-t-il à Yagg. D’un côté ça réconforterait les plus conservateurs. Et de l’autre, ça pourrait être un message clair et net pour dire que la loi ne changera pas. Quelque soit la nature de ce jugement, nous comptons lutter contre cette homophobie d’État par tous les moyens dont nous disposons; à savoir médiatiques, juridiques et diplomatiques.»

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