LE TÉMOIGNAGE DE LA SEMAINE
Abby Wambach fait partie des soutiens d’Hillary Clinton, en course pour l’investiture démocrate pour l’élection présidentielle américaine de novembre 2016. Dans cette tribune où elle fait campagne pour l’égalité des chances et de salaires entre les hommes et les femmes, aux États-Unis, la footballeuse américaine parle, au passage, d’elle, ce qui n’était pas du tout courant quand elle était en activité, même out.

«Maintenant que j’ai quitté les terrains de football, je me fais un devoir de faire en sorte que tout le monde ait le sentiment d’avoir les mêmes droits, écrit-elle sur Motto, un blog du magazine Time. Le fait que l’on soit toujours victime de discriminations, qu’elles soient fondées sur la couleur de la peau, la religion, le genre ou l’orientation sexuelle, est complètement dingue. Quand on est une femme qui se trouve être lesbienne, on voit d’assez près ce qu’est l’inégalité. Je sais ce que cela fait d’être regardé.e différemment, traité.e différemment. Parfois, j’ai pu physiquement ressentir l’inconfort de certaines personnes autour de moi».

Comment Abby Wambach a-t-elle pu supporter ces regards, ce sentiment d’inégalité? «En étant moi-même et en ne m’excusant pas de l’être (…). Bien sûr, il était sans doute plus facile pour moi de construire cette confiance parce que j’étais tellement forte sur un terrain de football. Mais je crois que chacun.e d’entre nous a un domaine dans lequel il ou elle est fantastique. Pour le trouver, demandez-vous simplement “quel est réellement mon objectif dans la vie?”.

LE MESSAGE DE LA SEMAINE
Pourquoi le coming-out est essentiel dans le sport. Sur Outsports, le site qu’il a fondé, Cyd Zeigler évoque un courriel reçu à la rédaction. Celui d’un sportif, presque trentenaire, qui a récemment fait son coming-out bi à ses parents. «En lisant article après article sur votre site, j’ai fini par remarquer un schéma récurrent: des athlètes masculins terrifiés puis submergés de soulagement devant les réactions positives à la révélation de leur orientation sexuelle. J’ai décidé que si des athlètes adolescents dans les régions les plus conservatrices du pays pouvaient trouver le courage de montrer au monde qui ils sont réellement, alors pourquoi, à près de 30 ans, ne le pourrais-je pas?»

C’est pour ces messages qu’Outsports – ou Yagg – insiste sur la nécessité de sortir du placard, d’être visibles. Comme l’écrit Cyd Zeigler, «les discours et les “allié.e.s” aident, et ne font en tout cas pas de mal, mais le plus puissant message de changement que compte le mouvement sportif LGBT, c’est le coming-out d’athlètes. Point.»

L’ENGAGEMENT DE LA SEMAINE
En 2015, l’ex-nageur australien Daniel Kowalski, qui a fait son coming-out en 2010, avait paradé au Mardi Gras de Sydney avec d’autres athlètes. Il a voulu faire plus cette année pour la marche, pinacle de trois semaines de festivités, samedi 5 mars, explique-t-il sur Outsports.

Daniel Kowalski est allé trouver le comité olympique et le comité paralympique australiens en leur demandant de parrainer un char pour la marche: «Leurs réponses ont été rapides, positives (…). Samedi, pour la première fois, nous marcherons pour soutenir l’inclusion, l’acceptation des autres sans discrimination, et la diversité. Nous faisons cela pour les jeunes garçons, les jeunes filles, les hommes et les femmes d’Australie, pour leur montrer notre soutien dans leurs objectifs et dans leurs rêves de représenter cet incroyable pays sans que ceux-ci soient compromis par leur orientation sexuelle». Plus de 80 participant.e.s sont attendu.e.s, qui comptent plus de 20 médailles olympiques et paralympiques, «mais comme nous le savons bien, souligne Kowalski, le plus important en sport est le parcours plutôt que l’issue». Sont notamment annoncé.e.s le plongeur Matthew Mitcham, la basketteuse Kelly Gorman et la nageuse paralympique Annabelle Williams. Les fans espèrent aussi y voir Ian Thorpe, qui a pris part il y a quelques jours à une table ronde sur les LGBT-phobies dans le sport, dans le cadre du Mardi Gras.

LA DEMANDE DE LA SEMAINE
Matthew Mitcham a eu une conversation un brin surréaliste avec son amoureux, Lachlan Fletcher, autour de leur mariage.

Actual conversation between me and Lachlan:Me: hey, wanna get married in the church of the Flying Spaghetti Monster?Lach: YES! oh wait, no.Me: what? why?Lach: I'm gluten intolerant.

Posté par Matthew Mitcham sur mardi 1 mars 2016

«Vraie conversation entre moi et Lachlan:
Moi: hey, tu veux te marier à l’église du Monstre de spaghetti volant?
Lach: OUI! Oh, attends, non.
Moi: quoi? pourquoi?
Lach: Je suis intolérant au gluten.»

L’HISTOIRE DE LA SEMAINE
Silvana Lima a été huit fois championne du Brésil et deux fois vice-championne du monde. Mais il est difficile de trouver des contrats publicitaires quand on n’a pas un physique de mannequin, raconte ce reportage de la BBC relayé sur le site de L’Équipe:

«Les marques de surf préfèrent des surfeuses qui ont des physiques de top modèle, raconte Silvana Lima. Tu n’as pas une tête de top modèle, tu n’as pas de sponsors. J’ai demandé et demandé mais c’était toujours non. Les hommes n’ont pas ce problème.» «J’ai rencontré tant d’obstacles depuis que je suis enfant, mais je les ai tout le temps surmontés, précise-t-elle. C’est une bonne chose. Je pense que c’est bien pour une personne de s’endurcir dans les épreuves. Moi, cela m’a permis d’être meilleure dans mon sport.»

Silvana Lima parle de l’élevage de Bouledogues Français qu’elle a monté pour payer ses voyages, de sa famille qu’elle peut aujourd’hui aider. Et aussi de la liberté que lui apporte son sport, de ce surf qui a changé sa vie quand elle est montée sur sa première planche, un morceau de bois, à l’âge de 7 ans, il y a 23 ans. Dix ans après ses débuts professionnels, elle a enfin trouvé un sponsor, «une grande marque», glisse-t-elle.

La série de la BBC a pour thème des portraits de de femmes athlètes qui se sont battues contre l’adversité dans leurs sports.

LES LUNETTES DE LA SEMAINE
Fidèle à sa réputation de sponsor qui soutient ses athlètes ouvertement LGBT, Nike a conçu dans sa ligne #BeTrue une paire de lunettes arc-en-ciel pour le skieur Gus Kenworthy (photo ci-dessus).

L’ANNONCE DE LA SEMAINE
Blessée au genou gauche lors du super-G de Soldeu-El Tarter (Andorre), samedi 27 février, Lindsey Vonn a annoncé, mercredi 2 mars, mettre fin à sa saison. La championne américaine, en tête de la Coupe du monde, était remontée sur des skis, dimanche, pour le super combiné où elle avait terminé 13e mais des examens complémentaires ont révélé une fracture du plateau tibial. Poursuivre pourrait donc aggraver la blessure et compromettre la suite de sa carrière: «Avec les championnats du monde de Saint Moritz l’an prochain et les Jeux olympiques en Corée du Sud l’année suivante, je ne peux pas prendre ce risque (…). Je suis très fière de ce que j’ai été capable d’accomplir cette saison: 9 victoires en Coupe du monde, le record de victoires en descente, le record de podiums en super-G, et le plus grand nombre de titres de disciplines en coupe du Monde [globes de cristal] – 20 –, ce qui n’avait été fait ni chez les femmes ni chez les hommes. Je sais que j’ai pris la bonne décision mais cela ne la rend pas plus facile.»

Today I am making the difficult decision to end my season and leave the World Cup circuit due to an injury I suffered…

Posté par Lindsey Vonn sur mercredi 2 mars 2016

LES DÉFAITES DE LA SEMAINE
Pas de grand chelem à espérer ni pour les Bleues, ni pour les Bleus dans le Tournoi des VI Nations 2016. Les deux équipes ont été battues au Pays de Galles, les 26 et 27 février. Prochains matchs, en Écosse, le 11 mars pour les Bleues et le 13 mars pour leurs collègues masculins.