Le corps de Lorena, une femme trans âgée de 53 ans et originaire du Pérou, a été retrouvé dans la cage d’escalier de l’immeuble où elle résidait dans la nuit du 21 au 22 février, à Rouen. L’autopsie a révélé qu’elle a été tuée d’une balle dans la tête. Selon Ouest-France, un suspect a été écroué en début de semaine.

La présidente de l’association Acceptess-T Giovanna Rincon a pu entrer en contact avec des proches de Lorena. «Ce qui est arrivé à Lorena semble lié à la prostitution, affirme-t-elle à Yagg. Une de ses copines dit l’avoir vue partir avec un homme réputé très agressif et violent».

D’après son amie la plus proche, à qui Giovanna Rincon a pu parler, Lorena avait des difficultés avec sa famille, qui ne l’acceptait qu’à condition qu’elle ne se présente pas en tant que femme. Se posera ensuite la question du rapatriement du corps de Lorena, qui ne pourra être envisagé qu’à l’issue de l’enquête menée par la police rouennaise.

«C’était quelqu’un qui faisait partie de la population dont nous nous occupons à Acceptess-T, explique Giovanna Rincon. Lorena était passée nous voir une fois, pour accompagner quelqu’un. Elle était arrivée en France il y a une dizaine d’années et était directement partie s’installer à Rouen.»

Le site de Paris Normandie, qui a révélé l’homicide cette semaine, a cependant livré le nom d’état civil de Lorena sans respecter son identité de genre, parlant d’elle au masculin. Une violence supplémentaire intolérable, pour Giovanna Rincon: «À partir du moment où une personne s’identifie comme femme, on doit faire en fonction pour respecter son droit à la vie privée. En France, la question des personnes trans est de plus en plus visible, notamment quand il y a des coming-outs de personnes médiatisées. Mais entre une personnalité publique et une personne inconnue, ce n’est pas la même situation et ça peut être une vraie violence.» La militante souligne que parler d’une femme trans au masculin revient à entretenir une confusion entre la transidentité et le travestissement.

Une personne trans migrante travailleuse du sexe fait l’objet de multiples discriminations qui l’exposent aux violences, rappelle enfin Giovanna Rincon: «Plus la personne est touchée par l’intersectionnalité, plus elle est vulnérable. Et ce n’est pas la première fois qu’une personne comme Lorena est assassinée. Il y a eu Cassandra en 2012, c’est donc la deuxième fois dans cette ville. Et ça, ce n’est pas un hasard.»

L’association souhaite organiser une veillée en mémoire de Lorena (la date n’a pas encore été fixée à ce jour).