affiche mon sexe nest pas mon genreLe cinéma Saint André des Arts à Paris présente du 2 au 29 mars le documentaire Fille ou garçon: mon sexe n’est pas mon genre, réalisé par Valérie Mitteaux en 2011. Ce film passionnant, déjà programmé dans de nombreux festivals LGBT et aussi diffusé sur Arte, suit les parcours de Lynn Breedlove, Kaleb, Rocco Kayiatos, Miguel Missé, quatre trans FtM entre Paris, San Francisco, Barcelone et New York.

Le film aborde leurs transitions, mais va bien au-delà. À travers leurs vécus, Valérie Mitteaux a voulu questionner les définitions du masculin et du féminin, mais aussi la notion de privilège masculin que chacun des protagonistes expérimentent à sa manière.

Des portraits puissants et très rares dans les médias ou au cinéma. Les séances proposées durant tout le mois de mars seront pour certaines accompagnées d’une rencontre-débat. Seront présent.e.s à certaines projections, Jules de l’association OUTrans, l’auteure Wendy Delorme, ou encore la sociologue Karine Espineira. (Voir la liste complète des intervenant.e.s sur la page Facebook du film).

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En 2011, Yagg avait interviewé la réalisatrice Valérie Mitteaux. Elle réagissait alors au contexte déjà très tendu autour des questions de genre, bien avant que la «Manif pour tous» et consorts ne s’en mêlent: «Ça atteste d’une part de la confusion encore courante entre sexe et genre, avait-elle affirmé. J’entends des commentaires de comptoir qui comprennent que l’on va confronter des enfants à la sexualité, à l’orientation sexuelle et qu’on peut bien les laisser en paix avec ces questions auxquelles ils pourront réfléchir plus tard.»

«Alors qu’il s’agit surtout de toute évidence de les libérer de l’angoisse d’être peut-être différents et aussi de les faire réfléchir aux inégalités homme/femme encore fortement à l’œuvre.»

«Et puis je n’aime pas cette idée de l’enfant pur et non sexuel. Il y a une sexualité des enfants, évidemment. Les enfants ont des pulsions. Bien sûr ce discours dérange du fait de la recrudescence d’affaires pédophiles. Mais enfin il est clair qu’il n’y a pas plus de pédophilie aujourd’hui qu’avant. Les affaires sortent, alors qu’avant on les étouffait tant bien que mal, c’est tout. Par ailleurs, je pense qu’il y a toujours un décalage pernicieux entre l’ouverture d’esprit des citoyens et celui des politiques. Les politiques partent toujours du principe que leurs concitoyens sont réactionnaires, qu’ils ont peur que la société change, pour la raison simple que leur préoccupation essentielle est leur réélection et leur maintien au pouvoir. On commence par exemple à voir des documentaires sur des enfants adolescents qui ont été élevés par des parents de même sexe. Quand j’entends un ado élevé par deux femmes, sa mère biologique et son amie, dire: «aujourd’hui j’ai une petite amie. Mais c’est sûr que si demain j’ai une attirance pour un garçon, ça ne sera pas pour moi un problème», je me dis qu’on avance et que l’hétéronorme finira bien par craquer.»

Lire l’interview dans son intégralité.

Fille ou garçon, mon sexe n’est pas mon genre, de Valérie Mitteaux
Sortie le 2 mars au Saint André des Arts.