Le Sénat italien a adopté hier la loi sur l’union civile, dépouillée de la possibilité d’adopter l’enfant de son conjoint (et par ailleurs, de l’obligation de fidélité). Le gouvernement de Matteo Renzi a engagé sa confiance sur ce vote, qui a obtenu 173 voix pour et 71 contre. Le Mouvement 5 étoiles (M5S), qui avait finalement refusé de soutenir le texte après avoir promis de le faire – un volte-face à l’origine de la dégradation du texte, a quitté l’assemblée au moment du vote.

Dans son discours de clôture, la sénatrice Monica Cirrinà (photo), à l’origine du texte, a déclaré que «L’Italie ne sera plus la dernière en termes de droits civils». «Cette dernière semaine, nous avons vécu des heures terribles, des heures pendant lesquelles les postures idéologiques, les tactiques et les calculs politiques ont forcé le gouvernement à la décision la plus difficile, mais aussi la plus courageuse: mettre en jeu la confiance sur le meilleur texte possible vu la composition de ce Sénat», a-t-elle poursuivi.

«L’ADOPTION N’ETAIT PAS UNE HERESIE»
Elle défend à nouveau l’adoption: «Ce n’était pas une hérésie. C’était l’aboutissement naturel, comme cela est déjà le cas en Europe, de la protection des enfants qui vivent dans des familles où ils sont aimés, protégés, soignés.» Elle a annoncé que sur ce point, elle comptait persévérer: «Notre détermination ne se finit pas ici, nous travaillons déjà à une réforme organique des lois concernant l’adoption, une loi qui devra s’appliquer à toutes les familles, les familles recomposées y compris, de pouvoir adopter et protéger tous les enfants»

Sur Facebook, le Premier ministre Matteo Renzi s’est félicité du vote: «Cette journée restera dans l’histoire de cette législature. Et dans celle de notre pays. Je lis des critiques, des accusations, des insultes. (…) Mais ce qui compte, c’est qu’un grand nombre de citoyens italiens se sentiront moins seuls, plus inclus dans la communauté. L’espoir a vaincu la peur. Le courage a vaincu la discrimination. L’amour a gagné.»

La loi doit maintenant revenir devant la Chambre des représentants. Le Parti démocrate de Matteo Renzi y dispose d’une meilleure majorité. Le vote devrait poser moins de problème qu’au Sénat. D’ici deux mois la loi devrait être promulguée.

Comme nous l’écrivions hier, les associations LGBT manifesteront le 5 mars prochain contre l’abandon de la possibilité d’adopter l’enfant du conjoint (Lire Italie: Les associations fustigent un texte au rabais).

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