Après une semaine d’imbroglio parlementaire, le Sénat italien doit voter ce soir le nouveau texte de la proposition de loi sur l’union civile. Pour pouvoir faire voter le texte par ses alliés, le Premier ministre a dû faire retirer la mesure la plus controversée du texte: la possibilité d’adopter l’enfant de son ou sa partenaire.

Une victoire pour le ministre de l’Intérieur Angelico Alfano, adversaire farouche du texte: «Nous avons évité une révolution contre-nature et anthropologie», a-t-il déclaré, selon La Stampa.

Le Premier ministre Matteo Renzi, qui va engager la confiance de son gouvernement sur ce texte, déclare qu’il s’agit d’un moment historique. «Cette fois-ci, c’est la bonne», ajoute-t-il, en référence aux échecs précédents des lois du même type.

La sénatrice Monica Cirrinà, à l’origine du texte, avait indiqué qu’elle ne signerait pas la proposition de loi et qu’elle quitterait la vie politique si son texte était défiguré. Elle n’a pas indiqué pour le moment si elle comptait effectivement le faire.

Du côté des associations et des militant.e.s LGBT, la pilule a du mal à passer. Certain.e.s ont manifesté dès hier après-midi devant le Sénat.

La militante de Oui Oui Oui et membre de l’association des journalistes LGBT Alice Coffin a posté quelques photos sur Twitter. On peut notamment lire ce slogan un brin vulgaire mais qui résume assez bien le sentiment général: «dans le cul, mais pas de cette manière»

«NOUS N’AVONS PAS ATTENDU 30 ANS POUR CA»
Dans un communiqué, un collectif d’associations LGBT enfonce le clou:

«Aujourd’hui, le Sénat s’apprête à écrire une vilaine page dans l’histoire des droits civils de notre pays, en approuvant une loi sur l’union civile qui, cas rare en Europe parmi les pays fondateurs, ignore complètement l’existence des enfants de couples homosexuels, laissant la justice régler cet incroyable trou dans notre législation. Ponce Pilate n’aurait pas fait mieux. Nous n’avons pas attendu 30 ans pour ça.», écrivent-elles.

«Maintenant, notre bataille va continuer dans la rue et devant les tribunaux. Mais pas seulement, nous veillerons à ce que les partis responsables de cette incroyable débâcle paient cher leur incapacité à donner à ce pays une loi à la hauteur de sa Constitution.», menacent les associations. Elles ont d’ailleurs appelé à une grande manifestation le 5 mars prochain contre le texte, qui doit encore passer devant l’autre assemblée italienne.