Son franc-parler enchante. Depuis quelques années déjà, Adèle Haenel impose sa personnalité rayonnante et forte dans le cinéma français.
Cette semaine, elle fait la couverture de Télérama, avec cette accroche: «Le cinéma blanc et masculin, j’en ai marre.» Citant le livre de Bourdieu, La Domination masculine, elle critique le milieu du cinéma et explique pourquoi: «Nous restons obligés de savoir que nous sommes des femmes, comme les Noirs, en France, sont obligés d’avoir conscience qu’ils sont noirs».

Un peu plus loin, les journalistes semblent tendre une perche en évoquant «la nouvelle génération du cinéma qui ne fait plus attention ni au genre, ni au sexe, ni au pouvoir.» Mais Adèle Haenel ne la saisit pas, tout en évoquant sa «communauté de gens, d’amis qui ont la même sensibilité» qu’elle.

Révélée avec le premier film de Céline Sciamma, Naissance des pieuvres en 2007, Adèle Haenel enchaîne les rôles au cinéma mais aussi au théâtre. Elle a déjà obtenu deux César, dont en 2015 celui de la meilleure actrice pour Les Combattants, premier film de Thomas Cailley. C’est durant cette cérémonie un an plus tôt, après avoir reçu le César du meilleur second rôle pour Suzanne, qu’elle avait lancé un «Céline, parce que je l’aime!», décrypté à l’époque comme un coming-out.

Dans le numéro 201 de Têtu, quelques mois plus tard, elle avait d’ailleurs fait cette déclaration concernant son coming-out: «Je n’ai pas envie d’être un porte-drapeau, moi, j’ai envie de faire des films et du cinéma plus que de faire de la politique, mais c’est quand même mélangé.»

Avec plusieurs films dont un avec les frères Dardenne (La Fille inconnue) et un autre avec Guy Maddin (Seances), on n’a pas fini de voir Adèle Haenel au cinéma. Mais fin mars, on la retrouvera sur les planches, au Théâtre de l’Atelier, à Paris, dans une pièce d’Harold Pinter, C’était hier, mise en scène de Benoit Giros.