Pour la première fois, la marche des fiertés de Paris ne pourra pas avoir lieu le dernier samedi du mois de juin. La préfecture de police de Paris en a informé l’Inter-LGBT il y a quelques jours.  Deux facteurs justifient cette décision: la prolongation probable de l’Etat d’urgence et l’Euro 2016. «Le 25 juin, il y aura trois matchs dans le cadre de l’Euro 2016. Un match à Paris et deux autres dans d’autres villes, mais qui seront retransmis sur des écrans géants à différents points de la ville», expliquent Jérôme Beaugé et Aurore Foursy, co-présidents de l’Inter-LGBT. Pour la Préfecture, il semble compliqué d’assurer la sécurité de tout cela à la fois.

«Dans ce contexte délicat d’Etat d’urgence, et après les deux attentats de 2015, nous ne voulons pas négliger la sécurité. D’autant que notre population peut être à risque à ce niveau-là.», plaide Aurore Foursy. Le dernier samedi du mois de juin est corrélation avec la date des événements de Stonewall, à New York, en 1969. Pour cette année, la Préfecture a proposé que la marche soit décalée d’une semaine, à savoir au 2 juillet. «Cela montre que la marche n’est pas considérée. C’est pourtant la plus grande manifestation politique récurrente en France», regrette Amandine Miguel, porte-parole de l’interassociative.

INAUGURATION D’UNE «SEMAINE MILITANTE»
Réunies exceptionnellement hier soir en plénière, les associations membres de l’Inter-LGBT ont décidé de ne pas contester la décision de la préfecture et entériné le changement de date. «Mais nous tenons tout de même, symboliquement, à la date du 25 juin, explique Amandine Miguel. C’est pourquoi nous avons décidé d’inaugurer une semaine militante. Nous allons encourager toutes les associations qui le souhaitent à organiser des événements lors de cette semaine.»

Une semaine qui se terminera donc le 2 juillet, jour de la marche, comme cela se fait dans de nombreuses villes. D’ailleurs, outre la date, le parcours risque aussi de changer. Ces deux dernières années, le cortège partait de la place Edmond Rostand, près du jardin du Luxembourg et terminait place de la République, où se tenait un concert. Or, «Il y aura un village foot place de la République pendant toute la durée de l’Euro, du 10 juin au 10 juillet. Cela va donc être compliqué de faire terminer la marche là-bas.», note Jérôme Beaugé. Dans tous les cas, les co-présidents de l’Inter-LGBT le martèlent: la sécurité des marcheuses et des marcheurs avant tout.

Amandine Miguel, de son côté, tient à rappeler que cette marche sera la dernière avant l’élection présidentielle de 2017, et donc l’occasion de faire le bilan de François Hollande: «manque de courage politique, abandon de son engagement sur la PMA, pas encore de loi sur le changement d’état civil des personnes trans, sans parler des ABCD de l’égalité lâchement abandonnés.»

L’AVIS D’ABDELLAH TAÏA

abdellah-taia-commentaire dans articleJe ne rate aucune gay pride depuis que je vis à Paris. En plus des messages politiques plus que nécessaires rappelés à cette occasion, cette marche constitue à chaque fois l’un des moments les plus joyeux et les plus populaires de la vie parisienne. Y aller me rend toujours très heureux. C’est pour moi l’une des images réelles de la liberté en France…