Dans un communiqué publié aujourd’hui, l’Inter-LGBT a vertement critiqué la «partialité idéologique» du rapport soumis à la Commission des lois hier après-midi portant sur le contournement du droit français par le recours à la PMA et à la GPA (lire notre article PMA et GPA: Un rapport rétrograde présenté au Sénat aujourd’hui).

L’inter-associative a dénoncé la portée réactionnaire de certains éléments de langage du document rédigé par les sénatrice Catherine Tasca, qui avait porté le pacs en 1999, et leet sénateur Yves Détraigne, parlementaire notoirement opposé au mariage pour tous:

«Le rapport parle de procréation de convenance (qui témoigne d’un grand mépris pour le parcours des familles, et n’est pas sans rappeler “l’IVG de confort” cher à l’extrême-droite) et “de l’exigence d’une infertilité médicalement constatée”.»

«Or, la PMA avec don, la seule forme de PMA en débat, n’est pas un acte thérapeutique: les parents stériles ne sont pas moins stériles après qu’avant.» L’Inter-LGBT revient aussi sur les préconisations quant à la GPA: «Le rapport préconise d’empêcher un enfant de se voir établir un lien de filiation avec son parent d’intention et de “permett(re) à ce parent d’intention de recevoir une délégation d’autorité parentale pérenne”, lui conférant ainsi un statut de sous-parent.»

GOUVERNEMENT-HÉRISSON
«Presque concomitamment, Madame la ministre Laurence Rossignol s’est exprimée le 16 février dans Libération sur la PMA et l’urgence de ne rien faire, en disant que “les vociférations de la Manif pour tous ont tout paralysé”, énième variation sur le thème du gouvernement-hérisson paralysé par la lumière des phares», note l’Inter-LGBT. Cela n’a pas non plus échappé au collectif Oui Oui Oui qui a réagi aux propos de la ministre:

«Après avoir contribué à laisser le mouvement dit de ‘la Manif pour tous’ prendre de l’ampleur en 2012, le gouvernement de François Hollande s’en sert encore, en 2016, pour justifier le non respect de ses engagements et sa politique conservatrice.»

Le collectif créé en 2013 pour porter les revendications du mariage pour tous, de la filiation et de l’ouverture de la PMA aux couples de femmes et aux femmes célibataires rappelle que la réticence du gouvernement à s’emparer de la question de la PMA ne fait que conforter les opposant.e.s de l’égalité: «Laurence Rossignol craint que reparler de la PMA fasse “diversion” et provoque l’“enlisement”. Mais nous ne sommes précisément pas une diversion! La ministre des droits des femmes devrait avoir à coeur de défendre les droits des femmes célibataires et lesbiennes, au lieu de plier, devant l’épouvantail de la Manif pour tous, un mouvement qui n’a que le poids que celui que les socialistes, le gouvernement, et François Hollande veulent bien lui accorder.»