L’affaire Serge Aurier, ce joueur du PSG (du football, pour celles et ceux qui vivent sur Mars), qui a traité son entraîneur de «fiotte», continue à faire réagir.

Deux clubs LGBT de football se sont exprimés.

D’un côté, les Dégommeuses ont publié une tribune sur le site de Libération. L’équipe dénonce le déni d’homophobie, de la part du PSG d’abord, et de la totalité de la presse généraliste ensuite. Libération n’est pas épargné. Le quotidien estimait hier en effet que «les phrases prononcées «manquaient de délicatesse», mais que l’accusation d’homophobie relèverait de la«malhonnêteté intellectuelle», puisque, «hélas, c’est parfois ainsi que les gens s’expriment»». Malgré une mise au point du directeur délégué de la rédaction, le quotidien a récidivé en titrant élégamment sur un «Mauviette timing».

«Que tous les Serge Aurier, footballeurs ou journalistes, cessent de considérer l’homophobie comme un jeu de langage inoffensif, autorisant de fait tous ceux qui les suivent à les imiter, voire dans les pires des cas à passer aux actes.»

Les footballeuses avancent deux propositions: «Nous souhaitons d’abord que celle-ci nous autorise à dérouler, ce mardi soir, dans l’enceinte du Parc des princes, un drapeau arc-en-ciel, symbole de la fierté homosexuelle, en signe de résistance à toutes les formes d’oppression et de rejet. Nous demandons ensuite au PSG de bien vouloir se rapprocher des Dégommeuses ou d’autres associations sportives engagées contre le sexisme et l’homophobie afin d’avancer ensemble dans la formation des encadrants et des dirigeants sportifs et la sensibilisation des joueurs, en particulier des plus jeunes.»

L’IMPORTANCE DES CENTRES DE FORMATION
D’un autre côté, les Panamboyz United ont publié un communiqué. Leur constat n’est pas éloigné de celui des Dégommeuses:

«Si on ne peut pas accuser Serge Aurier d’homophobie, ses propos sont clairement homophobes et détruisent le travail que notre club, et d’autres, font sur le terrain depuis des années. Ils banalisent le discours homophobe, la parole discriminante. C’est particulièrement inquiétant.»

Pour les Panamboyz, «L idée, bien évidemment, n’est pas de fustiger Serge Aurier mais de lui faire réaliser la portée de ses paroles». Ils pointent également l’importance d’aller dans les centres de formations afin de sensibiliser les jeunes joueurs aux discriminations.