Cette critique est extraite de la chronique: Les lectures de Yagg: «Histoire de la violence», «Allô Dr. Laura?», «Les guérir»…

Après le succès phénoménal de En finir avec Eddy Bellegueule, Edouard Louis revient avec un second roman, Histoire de la violence. Il y raconte l’agression dont il a été victime un soir de Noël.  Alors qu’il rentre chez lui, un jeune homme kabyle l’aborde, le drague et le convainc de monter chez lui. Après des relations sexuelles totalement consenties, le jeune homme lui dérobe plusieurs objets. Lorsque le narrateur tente de les récupérer, celui qui était son amant quelques minutes auparavant change soudainement de registre et devient violent. S’ensuit une nuit d’horreur et de terreur.

Après la violence homophobe – aussi bien physique, verbale que sociale -, l’écrivain raconte la violence d’une tentative de meurtre et d’un viol et, en s’intéressant à l’origine de son agresseur, à la violence du racisme. Ou plus précisément, il raconte et fait raconter. Une bonne partie des événements est en effet mise dans la bouche de sa sœur, qui rapporte les faits à son mari, après les avoir entendus (le narrateur écoutant la conversation à la porte). Le procédé permet de mettre ainsi en perspective le récit même de l’écrivain, y compris les événements décrits dans En finir avec Eddy Bellegueule. Edouard Louis décrit la violence pour mieux la détruire, explique-t-il dans les interviews qu’il donne actuellement. À vous de juger s’il y parvient.

Histoire de la violence, Edouard Louis, Seuil, 240 p., 18€.