Invitée de la matinale de France Inter, la présidente de la région Ile-de-France a dû défendre face à Léa Salamé la nomination de Caroline Carmantrand à la tête de la Commission Famille et Action Sociale au Conseil régional. Yagg révélait cette semaine que cette élue d’Asnières-sur-Seine (Hauts-de-Seine) est aussi un des fondatrices du mouvement anti mariage pour tous «Les mères veilleuses» et un soutien appuyé du collectif Sens commun. (à partir de 3’55)

Si le lecteur ne s’affiche pas, cliquez sur Valérie Pécresse répond aux questions de Léa Salamé

Pour Valérie Pécresse, l’engagement de l’élue n’entre pas en ligne de compte: «J’ai nommé une spécialiste des questions familiales à la commission Famille du Conseil régional dont je rappelle que la responsabilité n’est pas de voter des lois, mais de faire du quotient familial dans les cantines, de faire des tarifs familiaux dans les transports, de s’occuper de politique sociale et c’est la spécialité de Caroline Carmantrand, qui est une élue absolument remarquable et dévouée et qui est spécialisée dans les questions familiales.» Léa Salamé rappelle alors les faits d’armes de la fondatrice des «Méres veilleuses», ce qui semble agacer Valérie Pécresse: «On n’est pas en train de refaire le match. La loi Taubira, elle est passée. J’ai dit sur cette antenne à des dizaines de reprises…» «Que vous aviez changé d’avis», la coupe Léa Salamé. «J’ai dit ça en 2012, j’ai changé d’avis en 2012 sur le mariage gay [sic], parce qu’il a été abrogé [notons le lapsus]… il a été voté, et on n’abroge pas une loi qui a été votée qui a des conséquences sociétales sur la vie des couples.»

«Je voudrais qu’on arrête de refaire le match», finit par s’agacer franchement la présidente de région, devant l’insistance de Léa Salamé. Je suis une Républicaine, dès que la loi a été votée, j’ai dit qu’on l’appliquerait humainement, j’ai dit qu’il n’était pas possible de l’abroger. (…) Aujourd’hui, le match est derrière, le sujet c’est qu’est-ce qu’on fait pour les familles?»

À y regarder de plus près, le revirement de Valérie Pécresse sur le mariage pour tous n’est pas si ancien: En juillet 2012, la députée des Yvelines déclarait que cette avancée «bouleverserait les équilibres de la société française», avant, quelques mois plus tard, d’évoquer le «démariage» des couples de même sexe: «On peut imaginer de mettre en place un statut d’union civile et de transférer les droits sur un statut d’union civile. Ça peut se faire», assurait-elle. Ce n’est qu’en novembre 2014, qu’elle estime finalement «pas humainement réaliste» une abrogation. Pendant sa campagne pendant les régionales, la candidate LR n’a pourtant pas hésité à tenter de séduire l’électorat de droite conservateur, notamment en se présentant au meeting de la «Manif pour tous», et en promettant de couper les subventions des associations qui mènent des «actions militantes et politiques».

Tous nos articles sur Valérie Pécresse.