De passage en France pour la promo du film Free Love (lire notre critique du film), l’actrice Ellen Page a rencontré l’équipe de Yagg. Depuis son coming-out en février 2014, la Canadienne de 28 ans n’a eu de cesse de s’investir pour la communauté LGBT. Très prochainement, c’est notamment la série documentaire Gaycation qu’elle présentera sur la plateforme Viceland. Rencontre avec une actrice d’une touchante sincérité, pour qui Free Love, un projet qu’elle a porté pendant plusieurs années, a une résonance aussi militante que personnelle.

Dans la vidéo que nous avons publié hier, elle nous parlait de son dernier film. Dans la vidéo ci-dessous, elle aborde des questions plus personnelles, notamment son coming-out.

LA JOIE D’ÊTRE OUT
Alors qu’en France, la tendance n’est pas au coming-out chez les artistes, pour qui cette composante de leur vie doit rester du domaine privé, celui d’Ellen Page lui a permis de gagner en engagement mais aussi en notoriété. Yagg a voulu savoir ce qu’elle aurait à dire ou à conseiller à une personnalité publique qui se refuse à faire son coming-out: «Certaines personnes ne font pas leur coming-out, car elles n’en sont pas là dans leurs parcours, et je ne les jugerai jamais», insiste-t-elle.

«Moi-même, je n’ai pas fait mon coming-out pendant des années, et parfois je me sens un peu coupable de ça. Je croyais des choses qui n’étaient pas vraies, j’étais dans un état d’esprit de peur et de honte… et heureusement je ne pense plus ça aujourd’hui, je ne me souviens même plus de ce que ça fait, d’être dans le placard, c’est quelque chose qui me parait dingue!»

«Pour moi, une personne dans cette position ne peut pas être heureuse et doit souffrir d’une certaine façon. Je lui dirais que je suis heureuse comme jamais je ne pensais l’être et que si parce qu’on est visible, quelqu’un trouve de l’espoir ou du soutien, ça me parait très important, c’est un honneur et un privilège pour moi.» Préparer Free Love a aussi eu un rôle important dans son parcours personnel:

Si le lecteur ne s’affiche pas, cliquez sur Ellen Page: «Avant de faire “Free Love”, j’étais complètement dans le placard»

DES CHOIX PLEIN D’AUDACE
Dix ans avant Free Love, c’est avec Hard Candy qu’on a découvert Ellen Page, impressionnante dans ce huis-clos sur le fil du rasoir dans lequel elle donne la réplique à Patrick Wilson. Un rôle qui lui tient à cœur: «C’est un peu celui qui a fait décoller ma carrière, reconnait-elle. J’avais lu le scénario et adoré l’histoire, donc j’ai envoyé une vidéo pour l’audition. J’avais la tête rasée à l’époque. Je ne sais pas comment, mais j’ai eu la chance que le réalisateur David Slade fasse en sorte que je sois prise.» Elle poursuit ensuite sa route dans le cinéma indépendant avec Juno, puis Bliss, choisissant des rôles à contre-courant («Croyez-moi, quand on faisait cette comédie à propos d’une ado enceinte, je ne me disais pas “le voilà, c’est LE rôle!”» plaisante-t-elle), qui ont tous pour point commun d’être ceux de jeunes femmes qui font preuve d’une forte personnalité et qui cherchent à s’émanciper. Des choix féministes? «Oui, pour moi c’était avant tout des personnages formidables, et des histoires formidables, et j’ai eu de la chance à l’époque de tomber sur des gens qui m’ont dit “vas-y, fais-le!”.»

Lire aussi la première partie de l’interview: Ellen Page: «On voulait raconter l’histoire de “Free Love” de la façon la plus vraie et authentique possible»

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