La vie d’Ali, 28 ans a basculé du jour au lendemain. Ce jeune syrien, homosexuel, originaire de Deir ez-Zor est devenu journaliste citoyen suite à la révolution syrienne qui éclate en mars 2011. Un an après, les bombardements de l’armée de Bachar-Al-Assad se succèdent. Ali perd ses parents lorsqu’un obus touche leur immeuble. Le pire arrive en juin 2014. L’État islamique (EI) s’empare de Deir ez-Zor, son quotidien va être totalement changé.

Dans son témoignage, le jeune homme revient sur son histoire, notamment son service militaire. «Vous n’allez pas me croire, mais j’ai passé mes plus belles années au service militaire», déclare-t-il. Il se souvient que sous Bachar-Al-Assad, les applications de rencontres entre hommes n’étaient pas interdites. Mais une fois l’arrivée de l’Etat Islamique, «pour les homosexuels, la punition, c’est d’être jeté du haut d’un immeuble». Des djihadistes s’inscrivent sur les sites de rencontres en donnant des rendez-vous aux gays qui se retrouvent ensuite piégés, torturés puis assassinés.

Ali s’est forcé à changer sa démarche. Terminé les tenues vestimentaires qu’il aimait tant. «J’ai caché mes pantalons roses et jaunes, et je me suis entraîné à marcher d’une façon masculine. Je ne me reconnaissais plus. Je me regardais dans le miroir et je voyais un autre homme barbu et viril. C’était comme de la schizophrénie», avoue-t-il.

Sa seule échappatoire aujourd’hui, c’est son inscription au Haut Comissariat aux Réfugiés (HCR) . Si son dossier est retenu, il espère poursuivre sa vie dans un pays démocratique.

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