LA VICTOIRE DE LA SEMAINE
Il avait été champion du monde junior en 2008 et 2009 et obtenu quelques secondes places dans les Grands Prix, le patineur artistique ouvertement gay Adam Rippon est monté sur la plus haute marche du podium, dimanche 24 janvier, aux championnats des États-Unis.

À 26 ans – un âge presque canonique pour un patineur de haut-niveau –, le nouveau champion des États-Unis a répondu aux sceptiques d’un flamboyant: «Je suis comme une sorcière et vous ne pouvez pas me tuer. Je reviens tous les ans et je suis meilleur à chaque fois.»

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Il en a fait un message pour la Saint Valentin, une fête très prisée aux États-Unis:

L’APPARITION DE LA SEMAINE
Les caméras d’ESPN se sont arrêtées sur Matthew Wilkas, le boyfriend du skieur américain Gus Kenworthy, lors des X Games, première édition à laquelle participait l’athlète depuis son coming-out, et les sites LGBT américains s’en félicitent, Towleroad et New Now Next en tête. «Je sais que l’histoire du petit ami à la télé a l’air bizarre, a commenté Gus Kenworthy, interviewé par Rolling Stone. Mais tous ceux que j’admirais en grandissant, leurs petites amies apparaissaient à la télévision… La petite amie de Simon Dumont, la petite amie de Tanner Hall, etc. Ça me minait un peu de penser que c’était quelque chose que je n’aurais jamais. J’avais le sentiment que je ne serais jamais assez sûr de moi et honnête pour présenter quelqu’un comme mon boyfriend aux journalistes et qu’il passe à la télé. C’était vraiment spécial d’avoir envie de faire ça et d’en être heureux. C’était génial. J’ai regardé l’écran et j’ai vu Matt en bas. Et c’était émouvant d’être là avec ma mère, mon petit ami et mon agent, toute ma petite équipe de supporters.»

Alors qu’il n’avait jamais été médaillé aux X Games jusqu’ici, Gus Kenworthy a remporté la médaille d’argent en superpipe (derrière le Français Kevin Rolland et devant un autre Français, Benoît Valentin) et en slopestyle (derrière le Néo-Zélandais Jossi Wells et devant le Norvégien Oystein Braaten).

Gus Kenworthy est aussi en couverture du numéro de mars du magazine gay britannique Attitude, qui a bien sûr publié une vidéo de la séance photos:

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LA BARBIE DE LA SEMAINE
Un nouveau signe de changement dans la large panoplie des poupées Barbie, annoncées moins stéréotypées blondes, blanches et minces, par son fabricant, en janvier. Aux États-Unis, Mattel a présenté la poupée Barbie… Abby Wambach.

La championne est venue à la présentation, manifestement très heureuse de son alter ego:

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«Je ne vais pas mentir, croyez-le ou non, mais j’étais une enfant Barbie, a-t-elle plaisanté. J’ai joué avec des Barbies pendant toute mon enfance. (…) Pour moi qui ai joué avec des Barbies qui ressemblaient ou non à ce que je ressentais, quand je grandissais, je pense que c’est un message fort (…) Cela prouve que nous allons vraiment quelque part. Tout le monde n’a pas été créé à l’identique, peut-être que votre poupée ne ressemble pas exactement à ce que vous ressentez, il y a une autre possibilité.»

Abby Wambach s’amuse de la coupe undercut de la poupée, la même que celle qu’elle-même porte actuellement, et termine en lançant: «Tous les enfants cools vont avoir envie de cette poupée. Incroyable, je suis une Barbie! Qu’il l’eut cru!»

Le site AfterEllen, qui chronique la nouvelle, se souvient qu’Ellen DeGeneres avait, à une époque, suggéré au fabricant de créer une Barbie avec une coupe rasée.

LA PUBLICITÉ DE LA SEMAINE
Aller au-delà des apparences, se moquer des idées reçues. Pour une campagne américaine de promotion de la Mini, les publicitaires ont fait appel à des personnalités dont Serena Williams et Abby Wambach. La championne américaine de football raconte comme elle a été «catégorisée»: «Une fille, un garçon manqué, une gouine, une lesbienne, une butch, une salope». L’idée est convenue, mais ce n’est pas tous les jours qu’on entend ces mots-là dans une publicité:

https://youtu.be/cUruHNA-25w

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https://youtu.be/Y9XqYAzbmTI

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https://youtu.be/cFehPW7LaNQ

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LA CLASSE DE LA SEMAINE
Comment être impeccable dans la défaite? De son sourire après la victoire de son adversaire, Angelique Kerber, la privant d’un 22e titre du grand chelem, à son discours et aux mots d’hommage en conférence de presse, Serena Williams a eu la défaite élégante. Pas si courant, une classe de championne.

LA CHAMPIONNE DE LA SEMAINE
En 26 finales du grand chelem, Serena Williams n’en a perdu que 5, deux contre sa sœur Venus (US Open 2001, Wimbledon 2008), une contre Maria Sharapova (Wimbledon 2004) et une contre Samantha Stosur (US Open 2011). Angelique Kerber est donc la quatrième joueuse à la battre à ce stade d’une compétition majeure.

La finale en trois minutes:

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LES PROTÉINES DE LA SEMAINE
Pourquoi faut-il manger des protéines pour avoir un corps en bonne santé? Le plongeur britannique Tom Daley, tout en enthousiasme et en tablettes, fait le cours sur sa chaîne YouTube, où il a déjà abordé le lien entre citrons et abdos:

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L’ENTRETIEN DE LA SEMAINE
L’ex-présidente de l’US Ivry Handball Béatrice Barbusse est aujourd’hui chargée du plan de féminisation du handball français, au sein de la fédération (FFH). Interviewée par Libération, elle évoque le manque de visibilité du sport féminin, la logique des audiences, les valeurs du sport version Coubertin. Et raconte: «Les phrases ou les vannes sexistes, parfois involontaires, ça va une fois. Mais leur succession crée de la souffrance. Le dirigeant du club adverse qui vous voit arriver à l’entrée du gymnase, avec le survêtement d’Ivry, habillée comme les autres membres du staff, et vous demande votre licence, ce qu’il ne fait pour aucun homme. Les discussions d’après match, autour d’une bière, dans le salon VIP, avec le reste du staff: combien de fois des gens arrivent pour saluer les hommes et ne vous calculent pas. Pas un mot, pas un regard. A se demander si on existe. Lors de ma présidence [2007 à 2012], on me prenait pour la secrétaire du boss ou sa femme. Une fois, je suis dans le train, et un coach mime devant le groupe des rapports sexuels avec moi, rigolant: “T’as vu, Béa!” J’ai vu, mais tout ça est devenu un calvaire avec le temps. Parfois, je lisais mon CV pour simplement me dire: j’ai le droit d’être là.»

LE RENDEZ-VOUS DE LA SEMAINE
En finira-t-on un jour avec ce genre de comportements? C’est aussi l’un des objectifs de la semaine du sport féminin. Pour sa troisième édition, l’opération se veut plus ambitieuse, déclinée, cette année, en «Quatre saisons du sport» qui «ont pour objectif de démultiplier ce résultat et d’ancrer plus encore le sport féminin dans nos usages», indique le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), à l’initiative du projet et aujourd’hui l’un de ses partenaires.

Calendrier-previsionnel-des-4-saisons-du-sport-feminin

Après les 5 et 6 février pour la médiatisation, la deuxième saison, en mai 2016, pilotée par le ministère de la ville, de la jeunesse et des sports, «s’attachera à décrypter les enjeux économiques et de gouvernance de la féminisation du sport». Le Comité national sportif et olympique français (CNOSF) prendra le relais en septembre en proposant des journées pour inciter à la pratique du sport. Enfin, le mois de décembre sera consacré à la «rencontre avec le sport féminin aussi bien sur le terrain à l’occasion de matchs qu’autour de rendez-vous avec des sportives et des sportifs ou des acteurs du monde sportif».

LE REPORTAGE DE LA SEMAINE
Il n’y a pas qu’aux États-Unis que l’on joue au football américain, et les hommes ne sont pas les seuls à pratiquer. Depuis 2015, un tournoi baptisé le Challenge réunit 32 équipes féminines en France. «C’est pour le contact que je fais du foot américain, mais aussi parce que t’es obligé de compter sur les autres, c’est ce que j’aime», explique l’une des joueuses du club du Flash de La Courneuve dans ce reportage de Streetpress.

LE PARTENARIAT DE LA SEMAINE
Le club de football londonien des Queens Park Rangers – l’ancien club de Joey Barton – vient de s’associer au club LGBT des Titans, rapporte PinkNews. Les Titans bénéficieront d’un soutien pour les entraînements et pour lever des fonds, et un accueil renforcé des fans LGBT sera mis en place pour les matchs des QPR.

LE TRANSFERT DE LA SEMAINE
L’équipe féminine de football du PSG compte désormais une troisième joueuse brésilienne, Rosana Dos Santos Augusto, a annoncé, mercredi 3 février, le club parisien. Rosana avait déjà joué en France pendant la saison 2011-2012 où elle avait réalisé le triplé Champions League, Championnat de France, Coupe de France avec l’Olympique Lyonnais. «Passée également par l’Autriche, la Norvège et les États-Unis, la finaliste du Mondial 2007 et des JO 2004 et 2008 était rentrée au Brésil pour y finir sa carrière à São José dans l’État de São Paulo, malgré des contacts en fin d’année avec le club américain de Houston», indique Le Parisien.

LE CHOC DE LA SEMAINE
À Paris de recevoir le désormais classique du football féminin français, vendredi 5 février, contre Lyon, au Stade Charléty (18h45, Eurosport). Premières avec 54 points d’avance, les Lyonnaises peuvent prendre le large face à leurs dauphines, deuxièmes avec 51 points, mais le PSG, en cas de victoire, peut passer devant son rival. En septembre, lors de la quatrième journée du championnat, à Lyon, l’OL s’était imposé 5-0.

LA VIDÉO DE LA SEMAINE
Du ballet vu d’une étoile et du sport de haut-niveau. Sur L’Équipe Explore, l’histoire de Mathilde Froustey. La Française, qui rêvait d’être danseuse étoile, a quitté l’Opéra de Paris pour aller toucher son rêve au San Francisco Ballet. Le documentaire raconte la vie de la ballerine, ses entraînements et la différence de culture: «La vision que j’ai de mon corps a beaucoup changé, explique Mathilde Froustey. Aux États-Unis, on a tendance a considérer le corps comme un corps d’athlète. Et ils sont donc beaucoup moins complexés avec les lignes, avec les muscles. Ici, si j’ai des muscles, c’est super car du coup je vais sauter plus haut. Il y a une vision totalement décomplexée du corps qui m’a fait un bien fou quand je suis arrivée ici». Un travail de fond qui porte ses fruit puisque Mathilde Froustey ne s’est pas blessée depuis trois ans.

Mathilde Froustey
Cliquer sur l’image pour voir la vidéo.

Un documentaire à montrer au fan des Eagles, l’équipe de football américain de Philadelphie non qualifiée pour les play-offs du championnat NFL, qui s’était moqué des joueurs en écrivant qu’ils avaient joué en tutu. Le commentaire lui avait valu une réponse savoureuse du Pennsylvania Ballet.

LE TOURNOI DE LA SEMAINE
Écosse-Angleterre, c’est la première rencontre du Tournoi des VI Nations féminin, vendredi 5 février (18 heures). Samedi, à 13 heures, l’Irlande, tenante du titre (avec le grand chelem à la clef), reçoit le Pays de Galles. À 18 heures, la France joue contre l’Italie, à 21 heures, au Stade Marcel-Verchère de Bourg-en-Bresse (sur France 4). Pour la France, le Tournoi s’achèvera, le 18 mars, par un grand classique: France-Angleterre.

Le Tournoi des Six Nations va permettre au rugby féminin d’accéder un peu plus à la lumière. Le sentiment est résumé, sur le site du Tournoi, par la capitaine irlandaise Niamh Briggs: «Quand on gagne le tournoi, et on se met dans cette position, il y a de plus en plus de filles qui veulent faire partie de ce mouvement. Pendant des années quand on perdait, c’était difficile de promouvoir le sport mais en gagnant ça crée le buzz.»

LE CLASSEMENT DE LA SEMAINE
Pour la première fois, les équipes féminines de rugby à XV ont leur classement mondial, «une avancée de taille pour le rugby féminin», notent Les Nouvelles News. «Après le succès de la Coupe du Monde de Rugby féminin en 2014 et l’exaltation qui commence à monter en vue de la prochaine édition en 2017 en Irlande, il est vital pour les équipes internationales de pouvoir se concentrer sur un classement qui va susciter un intérêt et une exposition grandissant aussi bien qu’intensifier le calendrier des compétitions afin que chaque fédération membre dispute encore plus de matches», précise le World Rugby, l’instance internationale qui préside au rugby à XV et à VII. La France est deuxième du classement derrière la Nouvelle-Zélande. L’Angleterre, championne du monde en titre, est troisième.

LE TOURNOI DE LA SEMAINE (2)
Le Tournoi des VI Nations messieurs commence samedi 6 février avec France-Italie (15h25, sur France 2) et Écosse-Angleterre (17h50, France 2). L’Irlande, tenante du titre, reçoit le Pays de Galles, dimanche à 15 heures (sur France 2).

Pour les Français, une nouvelle ère commence, avec Guy Novès. L’entraîneur emblématique du Stade Toulousain avec qui il a remporté 10 titres de champion de France et quatre de champion d’Europe en 25 ans de carrière, a succédé à Philippe Saint-André en tant que sélectionneur à l’issue de la Coupe du monde 2015. Il a misé sur une équipe rajeunie.

LA QUESTION DE LA SEMAINE
L’Irlande peut-elle gagner un troisième Tournoi des VI Nations masculin consécutif alors qu’aucune de ses équipes n’est parvenue à se qualifier pour les quarts de finales de la Coupe d’Europe, une première depuis 1997? Sur Rugbyrama, des éléments de réponses contenus dans un beau et précis portrait du rugby irlandais.