Un pas en avant, deux pas en arrière, trois pas en avant? Difficile de suivre les avancées du dossier de la dépénalisation de l’homosexualité en Inde. Ce mardi, la Cour suprême indienne a accepté de réexaminer la loi de 1860, dite section 377. Cette dernière héritée de la colonisation britannique criminalise l’homosexualité. « Nous pensons que c’est un sujet important qui doit être étudié en formation constitutionnelle, a estimé T. S. Thakur, le premier président de la Cour suprême. Nous allons constituer une formation de cinq juges pour étudier la question. », rapporte le Monde.fr.

En 2009, les juges de la Haute Cour de Delhi avaient déclaré anticonstitutionnelle la Section 377 du code pénal qui punit de 10 ans de prison les relations sexuelles entre personnes de même sexe. L’homosexualité en Inde était sur la bonne voie de la dépénalisation. Mais ce fut de courte durée. Le 11 décembre 2013, quatre ans plus tard, la Cour Suprême du pays fait marche arrière et rétablit la section 377 interdisant de nouveau l’homosexualité pour les indien.nes, estimant que c’est au législateur de changer cette loi, pas aux juges.

UN NOUVEL ESPOIR
Depuis ce mardi 2 février, avec l’acceptation de revoir la pénalisation, la Cour Suprême donne un nouvel espoir aux homosexuel.les.  » C’est assurément un pas en avant « , a déclaré Anand Grover, l’avocat de Alternative Law Forum, un groupe de défense des droits des LGBT en Inde. Des membres de la communauté gay, certains portant une écharpe arc-en-ciel, ont applaudi et fêté cette décision devant le palais de justice, mentionne le Monde.fr. « C’est un premier pas dans la bonne direction. Nous sommes encore loin du but mais cela va dans le bon sens », a déclaré Manish Malhotra, un défenseur des droits des homosexuels.  » Nous espérons que les honorables juges vont l’étudier et garantir nos droits constitutionnels « , ajoute un autre militant, Dhrubo Jyoti, qui craignait que la requête soit rejetée dès mardi.

De son côté, le prochain candidat indien au concours Mister Gay World Anwesh Sahoo s’est empressé de partager sa joie et son soutien via les réseaux sociaux en ajoutant les hashtags #Wearenotgoingback et #DownWith377 pour ne plus faire marche arrière.

Le chemin reste encore long à parcourir pour ce pays quand il s’agit de faire avancer les droits pour la communauté LGBT. L’Inde est l’un des 75 pays à interdire l’homosexualité, selon ILGA l’Association internationale des lesbiennes, gay, bisexuel, transsexuels et intersexués.