Envie de retrouver votre côté sauvage dans la jungle des soirées parisiennes? Rendez-vous le 6 février au Glazart pour une soirée «Overground queer» baptisée Amour Sauvage. Créée par deux anciennes du collectif Barbi(e)turix, ce nouveau rendez-vous d’une nuit entend bien rassembler la faune queer et alternative grâce à une programmation particulièrement réjouissante: des lives (Saschienne, Velour Modular, Théodora), pas moins de huit DJ sets (Axelle Roch, Amina Oui, Sandrine Van Campo…), des performances avec Belafa Natural Mystic, une dance class avec Ari de B., des expos avec Maïc Batmane et Marthe Oh, mais aussi les stands de Tombox, de l’association Polychrome, du Pissedebout, et même un food truck La Dinette Mécanique. Les créatrices du projet, Denyse Juncutt et Katia, ont raconté à Yagg d’où avait jailli le concept d’Amour Sauvage: «Cela faisait quelques temps déjà que j’avais envie d’organiser une soirée qui se rapprocherait des feues soirées Clito Rise qui se déroulaient à la Flèche d’Or il y a quelques années, explique Katia. Un esprit complètement barré, surprenant, une multitude d’artistes, connu.e.s ou inconnu.e.s, une soirée non formatée, qui vivait d’elle-même et qui générait beaucoup d’interaction entre le public et les artistes.»

Amour Sauvage, c’est beaucoup d’artistes sur un temps très court, pourquoi avoir choisi ce format?

Katia: Parce qu’on a envie de proposer énormément de choses justement! Il y a tant d’artistes à faire découvrir et pas assez de dates et de lieux pour cela! Une nuit, c’est finalement long et très court en même temps. La soirée peut sembler «foutraque», mais elle est en fait plus structurée qu’il n’y parait. Pour épauler ce projet, on a eu la chance d’avoir un très bon contact avec l’équipe de Glazart. C’est un lieu qui se prête à ce format, car historiquement, l’espace a toujours été un lieu pluridisciplinaire. La salle vient d’ailleurs d’être refaite, avec un mapping complet.

Denyse Juncutt: Le line up s’est agrandi avec le temps, on voulait faire jouer des artistes que nous aimions et qui pouvaient représenter une certaine idée de la diversité. Nous ne savions pas encore s’il s’agissait d’une unique soirée, alors on a essayé d’en réunir un maximum afin de proposer un programme éclectique, qui permet aux gens de profiter à la fois des stands, d’une dance class, du dance floor ou de simplement s’attarder sur les concerts pour un prix vraiment accessible. Le Glazart nous a offert la possibilité de le faire en ouvrant, en plus du dance floor, ses deux terrasses extérieures.

Comment avez-vous choisi les artistes programmé.e.s?

Katia: Aucune œillère, on a un spectre très large, comme notre propre culture musicale: rock alternatif, électro, techno, métal, punk, new wave, disco, hip hop… On a effleuré les courants actuels bien sûr, mais on prend aussi des risques en faisant passer pour la première fois sur Paris certain.e.s artistes que l’on adore. La prochaine soirée pourrait tout aussi bien accueillir de la world musique comme du rap, des rrriots girls ou du spectacle vivant! D’ailleurs, cette édition est encadrée par des plasticien.ne.s et créateurs/trices qui se mêlent parfaitement à la ligne directrice.

Pour moi, Amour Sauvage est un véritable projet culturel, avec des valeurs humaines et une mise en avant maximale des artistes. Je fonctionne ainsi depuis toujours. Quel que soit le projet culturel initié, il doit y avoir un sens.

Je suis super contente de voir qu’à quelques jours de la soirée, on reçoit encore des mails d’artistes, collectifs ou même associations qui veulent se greffer à la soirée.

Denyse Juncutt: Katia et moi sommes très complémentaires dans nos gouts. Elle a proposé des noms, j’en ai apporté d’autres, et certains se sont greffés au projet d’eux-mêmes. Recevoir un groupe comme Saschienne (aka Julienne Dessagne et Sascha Funke) a demandé beaucoup de temps et de négociation. Mais étant fan du label Kompakt, il était important pour nous d’oser leur proposer de participer à notre concept queer, auquel ils ont tout de suite adhéré. La démarche pour Théodora et Velour Modular est différente. Ce sont des groupes émergents et incroyablement talentueux avec une identité sophistiquée. Leurs EP sortent au printemps et on avait vraiment envie de faire découvrir ou redécouvrir. Les associer semblait une évidence. Concernant les DJ, ils et elles viennent tou.t.e.s de divers collectifs déjà en place depuis quelques années dans le milieu de la nuit. Ils/elles dégagent une belle énergie et leurs sets sont pointus et sexy. Le plus difficile à vrai dire était de ne pas en sélectionner plus. Mais les nuits de 48 heures n’existent pas encore.

On voit de plus en plus d’événements culturels queers se mettre en place. Comment on conjugue selon vous cette envie de visibilité et de toucher plus de monde, et en même temps la nécessité de rester queer et de ne pas rentrer dans le moule?

Katia: Ce n’est pas incompatible pour moi. Dans ma vision «politique» et militante, le mouvement queer c’est également se battre collectivement pour faire passer des messages au plus grand nombre. Cela n’empêche pas de garder une authenticité dans notre soirée. C’est pour cela que nous avons essayé de monter un plateau éclectique et de qualité. Et puis, mon plus grand désir est que cette soirée fasse des petit.e.s! Qu’elle donne envie au plus grand nombre de lancer des évènements culturels queers justement!

Denyse Juncutt: C’est important d’apporter le maximum de choix dans le nombre d’évènements queers, que ce soit à Paris et en province.

Je suis toujours ravie de voir que certaines personnes se bougent pour proposer des soirées, qu’elles se fassent dans un bar où dans de grands lieux et il en faudrait encore plus.

Je rêve d’un concept en extérieur pendant l’été par exemple. Concernant le besoin de toucher le maximum de gens, je pense quand même qu’un public non queer se doit d’être ouvert d’esprit et curieux pour venir, c’est le minimum qu’il leur ait demandé. Et généralement le mélange s’opère très bien, le public est conquis, les sexualités et les genres se mélangent et c’est la meilleure réponse à toutes les formes de discriminations et d’oppressions qui règnent actuellement.

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