Le Boston Consulting Group, un cabinet international de conseil en management et de conseil en stratégie, a mené une enquête auprès des jeunes étudiant.e.s et jeune diplômés, avec l’aide du Caelif. La petitesse de l’échantillon, 165 personnes, ainsi que la méthode –aucune sélection représentative– incite à relativiser les résultats. Mais ils sont tout de même intéressants.

Parmi les sondés, quatre jeunes sur cinq assument leur identité et leur orientation sexuelle auprès de leurs ami-e-s proches ou de sa famille. «Cette proportion reste stable dans les universités et écoles de Paris ou de province; et ne dépend pas du niveau d’étude», explique l’étude.

DISPARITÉS PARIS/REGIONS
Malgré cela, 58% des répondant.e.s déclarent qu’être out au bureau est potentiellement un inconvénient. De plus, les scores des lesbiennes sont légèrement en retrait par rapport à la moyenne des répondants : elles sont ainsi 64% à considérer qu’être out au bureau est potentiellement un inconvénient contre 58% en moyenne pour l’ensemble du panel. Et « sans surprise », les trans anticipent que leurs problématiques sont plus compliquées à aborder dans un contexte professionnel.Pourtant, ils et elles estiment que l’attitude des entreprises sur les sujets LGBT est en nette progression : les sondé.e.s sont plus de la moitié (52%) à juger les entreprises françaises en retard par rapport à leurs cousines européennes contre 67% en 2015. Les sondés sont 47% à les juger au même niveau en 2016. Il existe des disparité selon que l’on vienne de Paris ou d’ailleurs en France:

« Les étudiant-e-s et jeunes diplômé-e-s de province semblent moins enclins à assumer leur identité ou orientation sexuelle que les Parisiens dans un contexte professionnel », poursuit l’étude.

A Paris, 42% pensent que les entreprises françaises sont en retard par rapport au reste de l’Europe contre 56% en province.

L’enquête en tire des pistes d’actions possibles. « La mise en place d’actions concrètes et spécifiques à la communauté LGBT apparaît donc primordiale  pour à la fois recruter les talents et les retenir à long terme en leur offrant un environnement de travail épanouissant », note l’étude, qui précise que  « l’inclusion de la non-discrimination sur l’identité ou l’orientation sexuelle dans les valeurs ou chartes de l’entreprise, jugée très importante par la majorité des répondant-e-s, apparaît désormais comme le minimum ». Les auteurs de l’étude précise aussi que « l’adhésion à une charte, la sensibilisation de l’ensemble du personnel, la mise en place d’un réseau LGBT  proposant un mentoring à ses membres sont également de plus en plus valorisés par les jeunes diplômé-e-s et étudiant-e-s LGBT ».

Ces réflexions devraient faire plaisir à l’Autre Cercle. C’est en effet exactement ce que l’association encourage, à travers sa charte d’engagement LGBT, lancée avec Accenture début 2013, et signée récemment par plusieurs grandes entreprises (TF1, BNP-Paris) ou des collectivités locales (Montpellier, Paris, Toulouse, Dijon).

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