Les nommé.e.s pour les César 2016 ont été annoncé.e.s ce matin par le président de l’Académie Alain Terzian, et l’humoriste Florence Foresti, qui sera la maîtresse de cérémonie cette année (et qui nous fera, on l’espère, oublier la soirée soporifique de l’an dernier). Mustang, un de nos coups de cœur de l’année 2015, premier film réalisé par Deniz Gamze Ergüven, remporte huit nominations, ex-aequo avec Mon Roi de Maïwenn et La Tête Haute d’Emmanuelle Bercot. Marguerite de Xavier Giannoli remporte lui neuf nominations, dont un doublé dans la catégorie meilleur second rôle masculin pour André Marcon et Michel Fau. Le dernier film de Jacques Audiard, Dheepan, est nommé sept fois, tandis que le film d’Arnaud Desplechin Trois souvenirs de ma jeunesse cumule le plus de nominations, onze au total.

La Belle Saison, de Catherine Corsini n’aura pas les honneurs d’être sélectionné pour la récompense de la meilleure réalisatrice ou du meilleur film. Ce sont néanmoins deux des actrices du film qui sont sélectionnées: Cécile de France pour la meilleure actrice, face à Loubna Abidar, stupéfiante dans Much Loved, ou encore Emmanuelle Bercot dans Mon Roi, et Noémie Lvovsky, pour le meilleur second rôle féminin, catégorie où l’on retrouve aussi l’actrice danoise Sidse Babett Knudsen pour L’Hermine. Du côté des espoirs, Félix Moati tire son épingle du jeu grâce à À Trois On Y Va, trio amoureux avec Anaïs Demoustier et Sophie Verbeeck. Il sera face à Finnegan Oldfield, nommé pour Les Cow-Boys, qu’on avait croisé en 2012 dans l’excellent court-métrage de Benjamin Parent, Ce n’est pas un film de cow-boys. Du côté des actrices, on retrouve Camille Cottin, nommée pour son rôle dans Connasse, princesse des cœurs, adaptation sur grand écran des sketchs qui l’ont révélée à la télévision.

À l’issue de l’annonce, le président de l’Académie Alain Terzian a été invité à commenter la polémique autour du manque de diversité des nominations des Oscars. Il n’a pas tenu s’exprimer quant aux récompenses américaines, mais n’a pas hésité à vanter le cinéma français, qui selon lui, n’a pas de problème avec la diversité. Rappelant les victoires d’Omar Sy, de Reda Kateb, d’Aïssa Maïga, de Tahar Rahim, ou d’Abdellatif Kechiche mais aussi la présence de Jamel Debbouze en tant que président en 2013, il a assuré que le cinéma français était «plutôt à l’aise» avec cette question. «Pour moi, c’est le talent qui parle», ajoute-t-il après une plaisanterie sur l’instauration d’un quota pour les Arméniens «qui sont sous-représentés». L’Académie des César ne semble donc pas prête à se poser des questions sur la représentation des personnes de couleur dans le cinéma français, ou encore sur les rôles stéréotypés quasi systématiquement proposés aux acteurs et aux actrices racisé.e.s.

La cérémonie se déroulera au théâtre du Châtelet le 26 février.