La PrEP, le traitement préventif à base de Truvada, ça marche? Oui, mais pas tout seule, selon une étude britannique que Yagg détaille pour vous.

Le Pr Narat Punyacharoensin, chercheur au centre pour la modélisation mathématiques des maladies infectieuses à la London School of Hygiene & Tropical Medicine vient de publier une étude afin de mesurer quels seraient les effets de la PrEP (traitement préventif de l’infection par le VIH à base de Truvada), combinée à d’autres outils de prévention. Selon cette étude mathématique, publiée sur The Lancet, la prévention combinée permettrait une forte réduction de l’incidence de l’épidémie chez les gays, les bis et les hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes (HSH).

EFFET DES OUTILS DE PRÉVENTION
Leur méthode d’analyse s’est appuyée sur des données connues des attitudes et des pratiques dans la population des HSH (au sens large) ainsi que des données de surveillance de l’infection par le VIH dans cette population. Leur objectif: mesurer l’effet de sept différents outils de prévention mis en place chez les HSH durant la période 2014-2020, et notamment l’augmentation du niveau de dépistage, les programmes dépister et traiter, la PrEP et les changements des comportements sexuels.

RECOURS AU DÉPISTAGE
L’équipe a estimé que hors intervention, le nombre de nouvelles infections serait de 16955 parmi les HSH au Royaume Uni durant la période 2014-2020. Avec une couverture de plus ou moins 50%, le recours bi-annuel au dépistage s’avérait la meilleure intervention. De toutes les combinaisons d’intervention, seul l’effet combiné du dépistage+traitement et d’un dépistage annuel était supérieur à la somme des effets des deux interventions prises séparément. D’après les calculs des chercheurs, la PrEP, en combinaison avec l’extension du dépistage, et l’initiation d’un programme de dépistage+traitement chez 25% des HSH ayant une activité sexuelle élevée pourrait prévenir l’infection par le VIH chez 7399 HSH au Royaume Uni.
Une augmentation des pratiques à risque ou du nombre de partenaires sexuels de 50% ou plus pourrait réduire les effets des interventions, mais ne serait pas susceptible d’annuler complètement le bénéfice préventif. D’après la conclusion de cette enquête, la PrEP pourrait éviter un grand nombre de nouvelles infections par le VIH, si d’autres interventions clés, et notamment le dépistage et le traitement sont simultanément renforcées et améliorées. Mais sans la PrEP, selon ces chercheurs, l’incidence du VIH chez les HSH au Royaume Uni a peu de chance de diminuer significativement d’ici la fin de la décennie.

LA PREP AUTORISÉE EN FRANCE
En France, la PrEP vient d’être autorisée et le traitement sera remboursé, selon la décision de la ministre de la Santé, Marisol Touraine. Dans son avis, l’agence du médicament (ANSM) qualifie la PrEP «d’outil additionnel d’une stratégie de prévention diversifiée de la transmission du VIH chez les personnes âgées de 18 ans ou plus à haut risque d’acquisition du VIH par voie sexuelle.»

Le public visé en premier lieu sont les gays et les hommes (bis ou non) ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes et qui ont des partenaires occasionnels avec lesquels ils n’utilisent pas systématiquement le préservatif.

Mais l’ANSM rappelle que l’utilisation de Truvada dans la PrEP s’intègre dans une stratégie de prévention diversifiée avec notamment la promotion de l’usage du préservatif, qui protège non seulement du VIH mais également des autres infections sexuellement transmissibles.