Du 21 au 24 janvier, Barbi(e)turix présentera sa carte blanche dans le cadre du Paris Musique Club à la Gaîté Lyrique de Paris. Le collectif lesbien présentera l’exposition «On & off stage: Ces femmes qui font bouger l’industrie nocturne et musicale», un Atelier d’initiation au djing, un Atelier d’éveil au voguing destiné aux enfants avec Lasseindra, la fondatrice du Paris Ballroom Scene, ainsi que la projection du documentaire The last lesbians bars de Drew Denny suivi d’un débat en présence de JD Samson. Temps fort de cette manifestation, la soirée Wet For Me – Icon Edition qui se tiendra comme à son habitude à la Machine du Moulin Rouge. Une carte blanche riche et audacieuse construite autour de la volonté de lutter contre le manque de visibilité des femmes dans la scène électro. Rag, DJ et directrice artistique du collectif Barbi(e)turix est revenue avec Yagg sur les partis pris de cette belle programmation.

«FAIRE ACTE D’EMPOWERMENT»
Parmi les douze labels, organisateurs de soirées ou médias à avoir répondu à l’appel du Paris Musique Club, Barbi(e)turix a su tirer son épingle du jeu: «Nous sommes le seul collectif LGBT et féminin, note Rag. Je pense que le commissaire du Paris Musique Club Vincent Cavaroc avait aussi l’envie de donner de la visibilité à celles et ceux qui peinent à en avoir. Nous voulions vraiment profiter de la chance d’être invitées dans une institution comme la Gaîté et la Red Bull Musique Academy – qui produit l’événement – pour investir l’espace qui nous est offert et faire acte d’empowerment. D’où notre petite expo dans l’expo, qui présente des portraits de femmes avec qui le collectif a collaboré.»

«Nous avons pensé une scénographie forte en identité. Le thème s’est décidé assez naturellement. Nous voulions vraiment axer cette carte blanche sur la difficulté d’être une femme dans le milieu de la musique électronique et de la nuit.»

POUR PLUS DE VISIBILITÉ
Quelques semaines après la polémique du festival d’Angoulême, la thématique de la carte blanche du collectif Barbi(e)turix est le signe que les femmes artistes sont bien décidées à en découdre avec l’hégémonie masculine du monde de la culture dans son ensemble: «Le problème c’est que la majorité de nos confrères masculins ne se rendent même pas compte de leurs privilèges, déplore Rag. La preuve avec le festival d’Angoulême: il aura fallu qu’un homme, Riad Sattouf, s’insurge pour que le message ait de la portée! Il existe de nombreuses auteures mais elles souffrent d’un manque de considération et donc de visibilité. C’est pareil pour les djs.»

«Quand on voit ces line-up de grands festivals ou de grands clubs, composé à 90% d’artistes masculins, ça fait peur! Autre exemple concret avec le Top 100 de Dj Mag 2015: 97 hommes, trois femmes. Alors qu’il y en a des femmes djs et de très talentueuses.»

«Nous pensons effectivement qu’avec ce genre de carte blanche, nous contribuons à faire passer un message. Car cette lutte pour l’égalité doit se faire avec l’appui de nos confrères.»

DES ATELIERS VOGUING ET DJING
Dans leur programmation, les membres du collectif ont aussi présenté un atelier pour les enfants, un public qu’elles ont peu l’habitude de côtoyer: «En réalité, cet atelier faisait partie du cahier des charges, raconte Rag.

Nous avons d’ailleurs un peu râlé au début, arguant qu’il était maladroit de demander à un collectif lesbien de réfléchir à un atelier enfant alors que la PMA est interdite en France!

«Nous avons finalement décidé de prendre l’exercice à contrepied en proposant un atelier d’initiation au voguing pour les petits (et les parents!) et ainsi sensibiliser les plus jeunes aux cultures LGBT. Nous avons proposé à Lasseindra, LA pionnière et fondatrice du Paris Ballroom Scene, d’animer l’atelier. Elle a accepté tout de suite. Je trouve que c’est important de proposer aux enfants des modèles d’identification comme Lasseindra, qui transgresse les codes de son genre avec grâce et fierté.» Autre temps fort de la carte blanche, l’atelier d’initiation au djing: «Je me suis inspirée de ce que fait Ena Lind à Berlin, à savoir proposer des ateliers aux femmes désireuses d’apprendre les techniques de base du djing. Quand j’ai commencé à mixer, j’aurais rêvé qu’un atelier de la sorte existe! Les réservations ont été complètes en moins de 48h! La preuve que la demande est réelle. C’est très encourageant, ça veut dire qu’il y a de plus en plus de femmes qui veulent se lancer dans la musique électronique.»

Toutes les informations sur la carte blanche de Barbi(e)turix.

Voir le teaser de Paris Musique Club:

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