Il s’agissait de son dernier discours sur l’état de l’Union. Le président des États-Unis Barack Obama a fait le bilan de ses sept années passées au pouvoir, bilan dans lequel il a évoqué la crise économique, le réchauffement climatique, les questions de sécurité, mais aussi mentionné l’avancée majeure que représente la décision de la Cour suprême le 26 juin 2015. Un discours de près d’une heure qui se voulait résolument fédérateur.

Dès les premières minutes, le chef d’État est revenu sur les différents progrès accomplis durant ses deux mandats successifs: «Comment nous nous sommes remis de la pire crise économique depuis des générations. Comment nous avons réformé notre système de santé, et réinventé le secteur de l’énergie; comment nous avons délivré davantage de soins et de services à nos troupes et à nos vétérans, et comment nous avons assuré la liberté dans chaque Etat d’épouser la personne que l’on aime.»

APPEL A L’UNITE
Plus tard, c’est en citant le pape François lors de sa visite aux États-Unis que Barack Obama a fait appel à l’unité: «Sa Sainteté le pape François a dit à cette instance de là où je me tiens qu’“imiter la haine et la violence des tyrans et des meurtriers est le meilleur moyen de prendre leur place.” Quand des politiciens insultent les musulmans, quand une mosquée est vandalisée, quand un enfant est harcelé, cela ne rend pas notre pays plus sûr. (…) Cela nous diminue aux yeux du monde. Cela nous empêche d’atteindre nos objectifs. Et c’est une trahison de ce que nous sommes, en tant que pays.»

C’est avec la volonté palpable de redonner confiance en l’avenir aux Américain.e.s que Barack Obama a amorcé la conclusion de son discours: «Je peux vous promettre que d’ici un an, quand je ne serai plus à ces fonctions, je serai là parmi vous en tant que citoyen – inspiré par ces voix de justice et de vision, qui ont du cran, de la bonne humeur et de la bienveillance qui ont porté l’Amérique jusqu’ici.»

«Des voix qui nous ont aidé à nous voir pas seulement comme noir.e ou blanc.he, ou Asiatique, ou Latino/a, pas seulement comme homo ou hétéro, immigrant.e ou natif/ive; Pas seulement comme Démocrates ou Républicains, mais comme des Américain.e.s avant tout, lié.e.s dans un esprit commun.»

«Des voix que le Dr. King croyait qu’elles auraient le dernier mot – des voix d’une vérité désarmée et d’un amour inconditionnel. Elles sont là, ces voix. Elles n’attirent pas beaucoup l’attention, non pas qu’elles la cherchent, mais elles sont occupées à faire ce qui doit être fait pour ce pays.» En évoquant ces «voix» qui participent selon lui à la grandeur des États-Unis, Barack Obama a poursuivi en affirmant qu’il perçoit cette «citoyenneté forte et paisible» à travers de nombreux visages: l’écolière qui s’investit dans son projet scientifique, l’ouvrier qui fait des heures supplémentaires, ou bien le «fils qui trouve le courage de faire son coming-out, et le père dont l’amour pour son fils outrepasse tout ce qu’on lui a appris.»

DEUX VEUFS GAYS
Dans l’auditoire se trouvaient deux personnes pour qui l’évocation de la loi sur le mariage pour tous et l’égalité avaient un résonance particulière. En l’occurrence deux veufs: Jim Obergefell, l’un des plaignants grâce à qui la Cour suprême a fini par reconnaître le mariage des personnes de même genre comme un droit constitutionnel, et Ryan Reyes, le compagnon de Daniel Kaufman, l’une des victimes de la tuerie de San Bernardino le 2 décembre 2015, qui avait par ailleurs écrit une tribune contre l’islamophobie suite à ces événements tragiques.

Était aussi présente la greffière du Kentucky devenue figure de proue des opposant.e.s au mariage pour tous, Kim Davis. Elle a adressé quelques mots au journaliste de l’AFP Ivan Couronne.