Après avoir reçu les honneurs du président Barack Obama à la Maison Blanche, mardi 27 octobre, avec l’équipe américaine de football, championne du monde 2015, Abby Wambach a annoncé qu’elle mettrait fin à sa carrière à la fin de la tournée de la victoire, le 16 décembre, après un dernier match contre la Chine.

Le mot n’est pas galvaudé, c’est une légende qui tourne la page d’un chapitre de ce sport qu’elle a écrit avec panache. En 252 rencontres avec le maillot américain, l’attaquante a marqué 184 buts, un record dans l’histoire du football. Le 20 juin 2013, contre la Corée du Sud, elle avait détrôné sa compatriote Mia Hamm (159 réalisations).
Âgée de 35 ans, Abby Wambach avait joué pour la première fois avec les États-Unis en 2003. Double championne olympique (2004-2012), elle n’avait, en revanche, pas remporté de Coupe du monde et elle s’était fait du Mondial 2015 un grand défi à l’instar, d’ailleurs, de toute l’équipe américaine qui avait organisé la «reconquête» autour d’une large campagne auprès des supporters.

En mai, Abby Wambach, réputée pour être entièrement attachée à son sport, avait infléchi son discours, déclarant que son mariage avec Sarah Huffman avait changé son regard sur sa vie: «En vieillissant, je ne dirais pas que la passion s’en va, mais elle change, avait expliqué Abby Wambach dans The New York Times. Je vais être honnête. Après m’être mariée, j’ai indéniablement senti ma dévotion émotionnelle se décaler. Jusque là, ça a toujours été le football: passion, vie, amour. Et puis je me suis mariée, et il a fallu répartir une partie de mon énergie différemment. Je veux faire de mon mieux pour on pays, mais j’ai aussi fait une énorme promesse et choisi de faire de mon mieux dans mon mariage.»

Abby Wambach n’a pas fait de véritable coming-out, elle avait simplement annoncé son mariage avec sa compagne via les réseaux sociaux, en 2013: «Je n’ai jamais ressenti le besoin de célébrer en grand ma sexualité. Faire une fête pour quelque chose que je considère comme normal, pour moi, ça ne me paraissait pas authentique. Je voulais que ce soit aussi normal que possible.»

Elle a également lors d’un colloque, le 14 octobre dernier, raconté pourquoi elle n’avait pas fait son coming-out plus tôt: «Quand les “99” [Les cadres de l’équipe nationale championne du monde 1999] ont raccroché en 2004 et m’ont, en quelque sorte, donné les clefs du royaume, j’avais les cheveux court, j’étais homo – je le suis toujours, d’ailleurs –, et je ne voulais pas être cette personne qui parle au nom de tout le monde parce que tout le monde n’est pas homo dans notre équipe et c’est très bien comme ça».

Une pluie de réactions a suivi l’annonce de la retraite d’Abby Wambach. Parmi elles, celle de ses collègues ouvertement homos Megan Rapinoe et Robbie Rogers:

«Tu as porté cette équipe depuis le jour où je suis arrivée. Tu nous manqueras, bien sûr, mais on se souviendra surtout de toi Abs. Merci pour tout. #Légende»

«Merci @AbbyWambach non seulement pour ta contribution à la communauté sportive mais aussi d’être un symbole si fort de l’égalité pour tou.te.s.»

«Une vraie professionnelle, une vraie amie, une légende. Merci Abby de m’avoir emmenée avec toi dans ce voyage. #lameilleure»

«Ma meilleure amie, tu as changé ce sport pour toujours.»

Mia Hamm, dont elle avait dépassé, en 2013, le record de 158 buts marqués en sélection nationale:

«Félicitations @AbbyWambach pour une incroyable carrière. Tu as donné tout de toi à ce sport, ton équipe, les fans et le maillot des États-Unis.»

Jürgen Klinsmann, le sélectionneur de l’équipe masculine américaine de football:

«Félicitations @AbbyWambach pour une incroyable carrière. Logique qu’elle parte en championne du monde!! #MerciAbby»

Ou encore Marie-Laure Delie, attaquante de l’équipe de France et du PSG:

Abby Wambach a remercié, soulignant que rien ne l’avait rendue plus fière que de porter le maillot de l’équipe américaine:

De nombreux internautes ont également partagé la vidéo des 160 premiers buts de la carrière de l’attaquante:

Si le lecteur ne s’affiche pas, cliquez sur 100 Abby Goals

Et ce qui restera sans doute comme son plus beau but, contre le Brésil en quart de finale de la Coupe du monde 2011, à la 112e minute, après une passe de Megan Rapinoe:

Nos derniers articles sur Abby Wambach.