LE COMING-OUT DE LA SEMAINE
C’est une conversation au long cours d’une bonne demi-heure. D’une voix calme et ferme, Jessica Fishlock, internationale galloise, milieu de terrain des Seattle Reign, évoque ses débuts en football, les difficultés, les succès, sa famille, son amour pour sa nation, sa fierté de porter le maillot gallois même si elle confie avoir un temps envisagé de prendre sa retraite internationale avoir avoir été écartée pendant quelques mois, de la carrière qu’elle veut désormais orienter vers le métier de coach.

À Melbourne City où elle évolue pendant l’intersaison du championnat américain, elle sera d’ailleurs joueuse et coach assistante avant de retourner à Seattle où elle va signer pour les trois prochaines saisons.

«Je suis une personne assez détendue dans la vie», explique-t-elle à Steffan Garrero, journaliste de la BBC Pays de Galles, qui lui demande ce qu’elle fait de ses journées hors des terrains de football. Elle parle de ses liens avec ses parents et ses frères et sœurs, de ses ami.e.s, de sa petite amie qui est «exceptionnelle», et de la famille qu’elle veut fonder.

Le journaliste la relance: «Vous avez parlé de votre petite amie, je ne vous avais jamais entendue en parler». Jessica Fishlock répond: «C’est privé mais pour être honnête, c’est aussi une question de protection, pas pour moi mais pour elle. Les gens peuvent être cruels, parfois. Je ne voudrais pas que des fans un peu cinglés la harcèlent pour ces raisons.» La footballeuse raconte qu’elle a été victime d’homophobie et harcelée sur les réseaux sociaux, par exemple. Elle s’amuse aussi de voir «ce qu’il va se passer avec cette conversation».

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En juin 2013, Jessica Fishlock, qui n’était pas enfermée dans le placard, avait tweeté à l’occasion de la Pride de Seattle:

https://twitter.com/JessFishlock/status/351392267124219904/photo/1

Dans l’entretien, elle évoque aussi son engagement après d’Athlete Ally, qui lutte contre l’homophobie et la transphobie dans le sport, «car l’homophobie dans le sport est terrible et il ne devrait pas y avoir une raison pour laquelle on ne devrait pas faire du sport et il de ne devrait pas y avoir une raison pour laquelle on devrait être harcelé dans le sport parce qu’il est homo».

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Sur Twitter, Steffan Garrero a chaleureusement remercié son invitée de lui avoir fait découvrir la musique de Sera Cahoone, la future épouse de sa collègue des Seattle Reign, Megan Rapinoe:

Le Pays de Galles se déplaçait en Norvège, vendredi 23 octobre, en phases qualificatives de l’Euro 2017. Les Galloises, battues par l’Autriche lors du premier match, ont également devant les Norvégiennes (4-0). Elles sont pour l’heure cinquièmes et dernières de leur groupe.

LA CONFIDENCE DE LA SEMAINE
Elle le dit sans doute publiquement pour la première fois en racontant pourquoi elle n’a pas fait son coming-out dans les premières années de sa carrière professionnelle, Abby Wambach, meilleure buteuse de l’histoire du football (184 réalisations) et championne du monde 2015 avec les États-Unis, s’en est expliquée lors d’un colloque en Californie, organisé par la chaîne américaine ESPN. «Quand les “99” [Les cadres de l’équipe nationale championne du monde 1999] ont raccroché en 2004 et m’ont, en quelque sorte, donné les clefs du royaume, j’avais les cheveux court, j’étais homo – je le suis toujours, d’ailleurs –, et je ne voulais pas être cette personne qui parle au nom de tout le monde parce que tout le monde n’est pas homo dans notre équipe et c’est très bien comme ça. Mais aussi parce que Mia [Hamm, à l’époque, la meilleure joueuse du monde et donc de l’équipe] apportait une telle aura à l’équipe qu’il m’arrivait d’avoir du mal à m’imposer et à être qui j’étais vraiment. Et je crois que ces dix, quinze dernières années, nous avons vu des personnes devenir ce qu’elles étaient vraiment, pour de nombreuses raisons et je pense que c’est ce qui fait que notre équipe est si spéciale, parce que nous sommes toutes différentes». Abby Wambach explique aussi: «Dans le monde entier, les gens nous regardent et peuvent se retrouver dans une, deux ou trois d’entre nous».
Agée de 35 ans, la joueuse américaine n’avait jamais vraiment son coming-out public mais avait annoncé son mariage via les réseaux sociaux, en 2013.

Lors du même colloque, sa collègue Ali Krieger, elle aussi out, a, elle, constaté l’importance des réseaux sociaux que les footballeuses utilisent beaucoup: «Les fans ont ainsi pu s’identifier à des joueuses comme ils et elles n’avaient jamais pu le faire auparavant».

LA VIDÉO DE LA SEMAINE
Michael Sam et Vito Cammisano apparaissent tous les deux dans une vidéo réalisée à l’occasion du Spirit Day, le 15 octobre. «En tant que personne qui a été harcelée à l’école, j’estime qu’il est très important de lutter contre ce problème», explique le footballeur américain ouvertement gay. Son ex (avec qui il est resté en très bons termes), qui a également été victime de harcèlement, martèle: «Je soutiens le Spirit Day parce que je ne veux plus jamais qu’un jeune puisse ne pas se sentir en sécurité parce qu’il se sent différent». Les deux hommes concluent la vidéo en lançant: «Nous sommes avec vous».

https://youtu.be/Wn5fOaW7SMs

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LES CACAHUÈTES DE LA SEMAINE
Deuxième journée de la Women Five Ligue, premier championnat de futsal (football en salle) pour les femmes. Jusqu’au 16 décembre, à Paris, six équipes se rencontrent tous les mercredis soirs à partir de 21 heures, explique le site Foot d’elles qui présente les Cacahuètes Sluts, équipe dont la créatrice et capitaine est la chef de pub de Yagg, Fatima Rouina. Celle-ci raconte: «Aujourd’hui, de nombreuses citadines veulent jouer au football mais c’est parfois compliqué de trouver une équipe. Il faut qu’elles se rencontrent pour créer une vraie communauté».
Et pourquoi cette équipe s’appelle-t-elle les Cacahuètes Sluts? «La première fois, c’était un peu catastrophique. On s’est dit qu’on avait joué comme des cacahuètes.»

LES PHOTOS DE LA SEMAINE
Magnifiques clichés de footballeuses au Brésil sur le site de la radio KUNC dans le Colorado. Le reportage rappelle que dans ce pays fou de football, il fut interdit pour les femmes d’y jouer entre 1941 et 1979 en vertu d’un décret prohibant la pratique par les femmes de sports «incompatibles avec leur nature féminine». Le Brésil a aujourd’hui une équipe nationale féminine et une vedette, Marta.

LE CALENDRIER DE LA SEMAINE
On ne se lasse pas des rugbymen qui se déshabillent dans les calendriers. Après les Grizzlies de Nashville, voici les ARC Amsterdam Lowlanders, une équipe gay et hétéro-friendly néerlandaise. Les ventes du calendrier permettront à l’équipe de participer à la Bingham Cup (la coupe du monde gay de rugby) qui se tiendra à Nashville, dans le Tennessee, aux États-Unis, en mai 2016.

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LES DEMI-FINALES DE LA SEMAINE
Afrique du Sud-Nouvelle Zélande, samedi à 17 heures, Argentine-Australie, le lendemain à la même heure: demi-finales occupées par les quatre équipes cadors de l’hémisphère sud et toutes les quatre participant au Four Nations, l’ancien Tri-Nations, désormais appelé le Rugby Championship après l’entrée de l’Argentine en 2011. C’est l’Australie qui s’est imposée, en août, dans le Four Nations 2015, après une victoire contre la Nouvelle-Zélande. L’Argentine avait terminé troisième.

L’ÉMOTION DE LA SEMAINE
Il s’appelait Zukisa Kela, il était instituteur et entraîneur de rugby. Il a été attaqué par un gang de 12 personnes, samedi 17 octobre, en Afrique du Sud, il a été ligoté et jeté dans un lac, un ami à lui a subi le même sort et la compagne de Zusika Kela a été violée. Ce crime a provoqué une immense émotion dans le pays. L’ailier des Springboks Bryan Habana leur a rendu un hommage, mardi, indiquant que les Boks joueraient en souvenir deZukisa Kela. Les derniers mots qu’aurait prononcé l’instituteur de 25 ans étaient «Allez les Boks, allez».

LE TWEET DE LA SEMAINE
Gareth Thomas est «incroyablement fier» de l’équipe galloise éliminée, avec les honneurs, en quart de finale contre l’Afrique du Sud, samedi dernier, après avoir fait sensation en battant l’Angleterre, pays organisateur, lors des poules de qualification. Celui qui fut le capitaine de cette équipe et qui commente la Coupe du monde pour ITV est «fier d’avoir été une voix pour la sélection nationale. L’esprit gallois est toujours vivant.»

L’ERREUR DE LA SEMAINE
Fait rarissime, la Fédération internationale de rugby a reconnu que l’Australie s’est qualifiée, dimanche 18 octobre, sur une erreur d’arbitrage. Craig Joubert a sifflé un hors-jeu écossais (entraînant une pénalité) et non un en-avant qui est sanctionné par une mêlée. L’Écosse menait 32-31, il restait environ une minute à jouer, l’ouvreur australien Bernard Foley a réussi la pénalité qui a qualifié son équipe in extremis.

LE RETOUR DE LA SEMAINE
Amélie Mauresmo, actuellement en congé maternité, devrait revenir au sein de l’équipe d’Andy Murray en 2016. Le numéro 3 du tennis mondial l’a indiqué dans un entretien au quotidien britannique Daily Mail, le 14 octobre, précisant qu’il avait eu une conversation téléphonique constructive avec elle. Le Daily Mail indique qu’Amélie Mauresmo avait d’abord été annoncée de retour pour le BNP Paris Master de Paris (du 31 octobre au 8 novembre) mais que les plans ont changé. Joueur et coach devraient se retrouver pour la préparation de la prochaine saison.

Exceptionnellement, il n’y aura pas de chronique Terrains de Jeux jeudi 29 octobre.

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