Invité lundi dernier de France Culture, Jean-Claude Ameisen, le président du comité national d’éthique (CCNE), a affirmé que le comité est «en train de réfléchir à [la question de la PMA] et rendra un avis dans les mois qui viennent». Un avis sans cesse reporté (voir notre chronologie PMA: De la promesse à l’oubli). «Comme le chef de l’État ne l’a pas formellement saisi – il ne l’est que s’il y a un projet de loi –, le CCNE a pris son temps, analyse Mathieu Magnaudeix sur Mediapart. D’abord attendu début 2015, puis plusieurs fois repoussé, le fruit de cette réflexion sur “les indications sociétales de la PMA” est désormais annoncé “probablement au printemps 2016”, selon le président du comité d’éthique Jean-Claude Ameisen, contacté par Mediapart.»

Par ailleurs, la ministre de la Santé Marisol Touraine l’a annoncé le 15 octobre, la France permet désormais aux personnes qui n’ont pas eu d’enfants de faire don de leurs ovocytes ou de leurs spermatozoïdes. «Le changement a l’air mineur, relève le journaliste de Mediapart, mais c’est en réalité une petite révolution depuis la création dans les années 1970 des Centres d’étude et de conservation des œufs et du sperme (CECOS), ces 25 banques régionales où sont stockés les gamètes qui servent à réaliser des procréations médicales assistées (PMA) pour les couples hétérosexuels infertiles.»

Cette avancée va vraisemblablement permettre de répondre aux importantes demandes des couples infertiles en France, qui dans certains cas doivent se tourner vers l’étranger: «Face à cette pénurie et des délais très longs, des femmes françaises ont donc commencé à traverser les frontières pour se faire inséminer, en Espagne par exemple, où les donneuses sont plus nombreuses car l’impératif d’avoir été parent pour donner n’existe pas.» Un constat que soulignait Cécile Gallo, gynécologue-endocrinologue à la clinique IVI de Valence que Yagg a interviewée à l’occasion de la Grande semaine médiatique sur la PMA.

L’article s’intéresse par ailleurs à la possibilité pour les donneuses de conserver leurs propres ovocytes en vue de les utiliser à l’avenir: «L’autoconservation des ovocytes, mais aussi l’extension de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules, au-delà des seuls couples hétérosexuels infertiles, ou la très contestée gestation pour autrui (les mères porteuses), devraient être abordées dans un avis du comité national d’éthique (CCNE) à paraître dans les prochains mois.»

À lire sur Mediapart.