Il n’y a pas que les catholiques qu’il y a des prêtres gays (lire «Je suis heureux d’être homosexuel», répète le prêtre polonais Krzysztof Olaf Charamsa et Christian, prêtre et homosexuel [Le Parisien]), les orthodoxes ont aussi leurs vilains petits canards. Artiom Wiecielkowski, 34 ans, vit à Samara, en Russie. Entré au séminaire en 2004, il a démissionné de ses fonctions de prêtre en juin dernier. La goutte d’eau qui a fait déborder le vase est en réalité une boucle d’oreille qu’Artiom Wiecielkowski a décidé de commencer à porter, 20 ans après son coming-out. «On m’a aussitôt demandé de changer de paroisse, raconte-t-il. Je me suis alors dit: c’est le moment! J’ai fait mes valises, trouvé un appartement à louer et j’ai démissionné. J’ai cessé d’être prêtre.»

Artiom Wiecielkowski n’est pas tendre avec son église, ou plutôt avec la hiérarchie de l’église orthodoxe: «Nous vivons tous ici sous un régime totalitaire, où l’on n’a pas le droit de revendiquer sa différence. Et je ne parle pas seulement de l’orientation sexuelle, mais de toute autre caractéristique humaine.»

«Le vrai problème, dans cette histoire, c’est que mon homosexualité ne choquait personne tant qu’elle n’avait pas été rendue publique!»

Il estime néanmoins que «la plupart des Russes ne sont pas si homophobes qu’on le dit, c’est la presse qui véhicule ces clichés – c’est du mensonge et de la propagande». Il en veut pour preuve les messages de soutien qu’il a reçu après sa démission, de prêtres, d’étudiants, mais aussi sur les réseaux sociaux ou dans sa famille: «Mon frère m’a même dit qu’il était content pour moi».

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