La 19e édition de l’Existrans, la marche des personnes trans’ et intersexes et de ceux et celles qui les soutiennent, se tiendra samedi 17 octobre à 14h à Paris. Le cortège partira de Stalingrad, pour rejoindre la place du Châtelet. Le mot d’ordre de cette année est «Le monde avance, la France recule!». À nouveau, cette marche porte les revendications du collectif Existrans, telles que le changement d’état civil libre et gratuit devant un officier d’état-civil, le libre choix des parcours médicaux, le financement de la lutte contre la transphobie, l’abandon des lois sur la pénalisation des travailleurs/euses du sexe, ou encore l’arrêt des opérations chirurgicales et des traitements que subissent les enfants nés intersexes:

revendications existrans 2015

DES ASSOS MOBILISÉES POUR UNE MEILLEURE LOI
Fin septembre, une proposition de loi portée par plusieurs député.e.s PS a été déposée concernant le changement d’état civil. Problème, il s’agit d’une proposition similaire à un projet qui a fuité un an plus tôt… et qui n’est clairement pas satisfaisante au vu des revendications, car excluant une déjudiarisation complète de la procédure. «La proposition de loi est largement insuffisante, réaffirme aujourd’hui à Yagg Sophie Lichten, porte-parole du collectif Existrans, les député.e.s sont trop frileux.» Même état d’esprit à l’Association nationale transgenre (ANT) qui a publié un communiqué de presse pour rappeler elle aussi l’objectif de cette marche et sa réticence à la proposition de loi: «Une fois de plus l’occasion de porter haut et fort nos revendications et de dire aux parlementaires qui veulent décider à notre place de ce qui est bien ou pas pour nos vies que nous ne l’acceptons pas. Et que nous n’acceptons pas leur proposition de loi, la pire qui ait été déposée ces dernières années en Europe! Uni.e.s pour obtenir le changement d’état civil libre et gratuit, nous ne renoncerons ni à nos droits ni à notre liberté.»

SOS homophobie apporte son soutien plein et entier à l’Existrans, rappelant que les actes et propos transphobes sont encore trop présent.e.s dans l’ensemble de la société: «SOS homophobie interpelle les pouvoirs publics pour que soient rapidement adoptées les mesures simplifiant et accélérant le changement d’état civil, conformément aux recommandations internationales, et en accord avec les demandes des associations trans’ et intersexes. Alors qu’une proposition de loi relative à la modification de la mention du sexe à l’état civil est actuellement en cours de discussion à l’Assemblée nationale, SOS homophobie appelle de ses vœux un dialogue entre l’ensemble des acteurs et actrices concerné.e.s afin que ce texte réponde au mieux aux besoins des personnes trans’ et intersexes.» L’association Homosexualités et socialisme (HES) quant à elle défend ce premier pas pour un changement d’état civil simplifié et appelle à la discussion entre les associations trans’ et les député.e.s: «Comme nous l’écrivions au moment de la “fuite” du brouillon de cette proposition, ce qui est en jeu, ce n’est pas le futur bilan de la majorité parlementaire ou du PS. Ce n’est pas la marque du travail d’HES sur les questions de transidentité, engagé depuis longtemps. Ce qui est en jeu, ce n’est pas non plus l’empreinte de la présidence Hollande. Ce qui est en jeu, c’est la vie quotidienne de personnes trans’, de citoyen·ne·s. Et cette exigence mérite que nous avancions pas à pas, sans autre pensée que celle d’atteindre la meilleure solution juridique. Le statu quo n’est pas cette solution.»

Le Centre LGBT de Paris Ile de France a enfin appelé au rassemblement pour soutenir les personnes trans’ et intersexes: «Soyons unies et unis derrière la bannière du Centre LGBT de Paris Ile de France, et faisons entendre notre détermination: pour faire avancer le droit de disposer librement de son identité, sans subir de violences médicales, psychiatriques, administratives, judiciaires ou sociales, pour sensibiliser le grand public aux problèmes quotidiens auxquels les personnes trans’ et intersexes sont confrontées et pour faire reculer les multiples discriminations et violences transphobes et la précarité qui frappent les personnes trans’ et intersexes.»

De son côté, l’Association des journalistes LGBT (AJL) donne la parole à Laurent Bonnat, journaliste à La Provence, pour évoquer à la fois le traitement médiatique de la transidentité en France et son vécu d’homme trans’ au sein d’une rédaction.

Voir le teaser de la marche, réalisé par Christine Rougemont:

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Une soirée post-Existrans aura lieu au bar La Mutinerie à partir de 19h.