Le couperet est tombé. Pascal Houzelot, le créateur gay de la chaîne Pink TV et actionnaire principal de Numéro 23, ne pourra bientôt plus exercer son activité sur la TNT.

Sa chaîne, Numéro 23, devra cesser d’émettre avant le 30 juin prochain.

Auditionné le 13 octobre par les membres du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, Pascal Houzelot n’a pas réussi à faire accepter sa demande de vente de sa société, Diversité TV, au groupe NexRadioTV, présidé par Alain Weill, pour un montant de 88,3 millions d’euros.

AUTORISATION GRATUITE
C’est en juillet 2012 que Pascal Houzelot avait obtenu l’autorisation gratuite de diffusion sur la TNT pour sa chaîne Numéro 23. Lors de son audition début 2012, comme nous l’écrivions à l’époque, Pascal Houzelot avait reçu le soutien entre autres de Fleur Pellerin, aujourd’hui ministre de la Culture. La chaîne fut lancée fin 2012 avec comme mission principale de représenter toutes les formes de diversité, y compris celles liées à l’orientation sexuelle et l’identité de genre.

EMISSIONS DE TATOUAGES
Moins de trois ans plus tard, force est de constater, comme l’a fait d’ailleurs à plusieurs reprises le CSA, que le compte n’y est pas. L’exemple le plus couramment cité d’une absence de ligne éditoriale réellement consacrée à la diversité est la place prise par les émissions de… tatouage, qui représentent pas moins de 14% des programmes diffusés.

Le CSA a pris sa décision à l’issue de la procédure de sanction ouverte le 23 juin 2015 à l’encontre de la société de Pascal Houzelot. Le CSA explique que l’arrivée au capital de Diversité TV d’un nouvel actionnaire, la société russe UTH, à l’automne 2013, s’était faite sous condition de revente de Diversité TV dans un délai rapide (début 2015), et malgré un plan d’affaires qui courait jusqu’en 2019.

La somme que NextRadioTV était prête à mettre sur la table pour racheter Numéro 23, soit 88,3 millions d’euros, ne correspond pas pour le CSA à la valeur de la société Diversité TV, largement déficitaire mais bien à la valeur de l’autorisation d’émettre. Or, comme le souligne le CSA dans son communiqué, «le principe de gratuité d’occupation du domaine public hertzien audiovisuel»[…], répond au principe fondamental de pluralisme garanti par la loi du 30 septembre 1986, et ne vise pas à asseoir la valeur financière de la personne morale titulaire d’une autorisation délivrée par le Conseil supérieur de l’audiovisuel.»

Comme le souligne Le Monde, c’est la première fois qu’une telle décision d’abroger une autorisation de diffusion est prise à l’encontre d’une chaîne de télévision. Par le passé, plusieurs fréquences de la TNT ont été revendues au prix fort mais ce temps-là semble bien révolu.