Le corps de Diana Sacayán a été retrouvé hier, mardi 13 octobre, dans son appartement du quartier de Flores, à Buenos Aires. Selon la presse argentine, qui cite des sources policières, des «signes de violence» ont été relevés, et la police s’intéresserait à une personne avec laquelle Diana Sacayán serait entrée dans l’immeuble, et qui serait ressortie un peu plus tard sans la militante trans’. La piste du féminicide serait privilégiée.

En 2012, Diana Sacayán fut l’une des premières à recevoir ses nouveaux papiers d’identité des mains de la Présidente argentine Cristina Fernandez de Kirchner (à partir de 4’32 dans la vidéo ci-dessous), après l’adoption de la loi sur l’identité de genre, la première du genre dans le monde. Un honneur logique: si l’Argentine peut aujourd’hui se présenter en pionnière en matière de droits des trans’, c’est en grande partie grâce au travail réalisée par Diana Sacayán avec le Movimiento Antidiscriminatorio de Liberación (MAL).

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C’est parce qu’elle n’est pas venue aux XXX Encuentro Nacional de Mujeres à Mar de Plata en fin de semaine dernière, alors qu’elle avait prévue d’y aller, que des ami.e.s de Diana Sacayán se sont inquiété.e.s. Selon la police, le meurtre pourrait avoir été commis entre samedi et dimanche. Si l’enquête semble pour l’instant s’orienter vers un meurtre commis par un.e proche de la victime, la Comunidad Homosexual Argentina (CHA) s’inquiète d’un motif transphobe et rappelle qu’en 2014, sept meurtres transphobes ont été relevés.

Avant sa mort, Diana Sacayán travaillait sur une proposition de loi visant à réserver 1% des emplois du secteur public à des personnes trans’. Le texte, porté par la députée Karina Nazabal (Frente para la Victoria), a été adopté en décembre 2014 par la Chambre des députés de la Province de Buenos Aires et mi-septembre par le Sénat.

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Les hommages se multiplient sur les réseaux sociaux et un hashtag ‪#JusticiaParaDianaSacayan‬ a fait son apparition:

«Il est essentiel que vérité et justice soient apportés aux proches, ami.e.s et à tout le mouvement LGBTI argentin et international, qui restent en deuil après cette perte irréparable», écrit dans un communiqué l’Ilgalac, la branche Amérique latine et Caraïbes de l’Ilga. Diana Sacayán était également Secrétaire mondiale adjointe aux questions trans’ de l’Ilga.

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