Dans un communiqué publié sur son site le 8 octobre, l’association Aides publie des propos tenus par des élu.e.s d’extrême droite de l’Assemblée départementale de Vaucluse alors que le Conseil départemental étudiait les votes de subventions à des associations. Lorsque les élu.e.s en sont venu.e.s à Aides, des déclarations qui pourraient sembler d’une autre époque se sont faites entendre: «On ne comprend pas que cette association fournisse des seringues pour que les toxicomanes s’enfoncent davantage dans la drogue», «La campagne de pub de l’association sur les chaînes pornos est obscène, épouvantable, honteuse, dégénérée» ou encore «Aides a une gestion financière opaque et un pilotage calamiteux de la part de sa présidente».

CONTRE-VÉRITÉS
Comme l’écrit Act Up-Paris dans un communiqué de soutien à Aides, «nous ne commenterons pas la troisième assertion, les rapports annuels de l’association se suffisent à eux-mêmes».

Sur la délivrance de seringues, Aides rappelle «qu’elle est autorisée depuis les années 90, inscrite dans la loi depuis 2004, et qu’elle a fait la preuve de son efficacité pour lutter contre le VIH/sida. Chez les usagers de drogues la transmission du VIH/sida ne représente plus que 2% des nouvelles contaminations annuelles.»

L’association se fait plus longue sur ses campagnes de communication: «pour ceux qui trouvent bizarre ou choquant qu’elles parlent de sexualité, nous tenons à les en informer: le virus du sida se transmet majoritairement par rapport sexuel non protégé. Aides n’hésite pas à rappeler et à informer sur les modes de transmission du VIH, à inciter les personnes à se faire dépister et à être  accompagnées vers les soins si nécessaire, quelles que soient leur.s pratique.s et leur.s orientation.s sexuelle.s, leur nationalité.

«Aides s’est construite depuis 30 ans par les personnes stigmatisées, victimes de clichés et de discriminations de toute sorte, pour faire reculer l’épidémie de sida. Si ça fait de nous des dégénéré.e.s nous en sommes fièr.e.s!»

«Délivrer les messages de prévention à l’égard du VIH et des IST est aujourd’hui plus que nécessaire, renchérit Act Up-Paris. Tout le monde est concerné, aussi bien les groupes les plus menacés par le risque de contracter le virus, tels les pédés et autres HSH, les trans’, les travailleuses du sexe, les migrant.e.s, que ceux dont les contaminations augmentent comme les jeunes et les seniors ou que le grand public au sens large. La méconnaissance des modes de contamination s’est révélée inquiétante chez les jeunes, d’après une enquête de la SMEREP. Tous les moyens sont bons pour informer, tous les canaux, tous les réseaux, tous les tons.»

UNE OPPOSITION CONSTANTE
Les deux associations soulignent la constance de l’extrême droite à s’opposer à la prévention. Act Up-Paris dresse ainsi une liste (non-exhaustive) d’exemples: «Le FN Rhône-Alpes en 2011 vote contre l’instauration du pass contraception dans les lycées, même position que Mme Burgaz, conseillère du même parti, 20 ans plus tôt, dans la même région; Jean-Marie le Pen contre les distributions de préservatifs dans les lycées, en 2007 incite plutôt à la masturbation, contredit en cela par sa fille en 2009 qui préconisait l’abstinence dans le sillage de Benoit XVI. Plus récemment, cet été 2015, David Rachline, maire FN de Fréjus et conseiller régional du Var, et sa conseillère Sonia Lauvard, expliquent qu’une distribution de préservatifs organisée par les Jeunes Républicains sur les plages, était très éloignée des “problèmes que les Français rencontrent chaque jour”, ligne partagée par de nombreuses personnalités des “Républicains” critiques vis-à-vis de l’opération. De plus, sur leur lancée, le tandem conseilla aux “Républicains” de se “protéger du syndrome du VIH (Virus Intellectuellement Handicapant)”, montrant toute l’estime qu’ils/elles portent aux séropositifs/ves.»

«Depuis 30 ans l’extrême droite n’a jamais renié la proposition de Le Pen de créer des “sidatoriums” et n’offre aucun discours ni proposition crédible sur le VIH et la santé, dénonce Aides. Son seul crédo, c’est la haine de l’autre. Derrière une stratégie de légitimation / normalisation, et les élections régionales approchant, ces propos tenus en séance viennent nous rappeler, si cela était nécessaire, l’intolérance, le rejet, la défiance et  globalement l’incapacité de ces élu.e.s à traiter des vrais enjeux.»

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