Alors qu’une proposition de loi pour faciliter le changement d’état civil des personnes trans’ avait passé avec succès les étapes de la Chambre basse (Sejm) et du Sénat durant l’été, le président Andrzej Duda a posé son veto vendredi 2 octobre. Dernière chance de contourner l’opposition du chef de l’État, un vote devait avoir lieu vendredi 9 octobre à la Chambre basse, mais il a finalement été annulé, au grand dam des associations trans’.

«Le comité pour la Santé et le comité pour la Justice et les droits humains, censés communiquer leurs positions à l’Assemblée parlementaire et donner leur avis sur le rejet ou le maintien du veto présidentiel n’ont pas été capables de trouver un accord avant le dernier vote prévu, a annoncé l’organisation Trans-Fuzja. Les comités n’ont pas réussi à choisir un rapporteur pour leur décision et un vote n’a pu se tenir. Le veto est par conséquent maintenu.»

«Le monde entier regardait la Pologne qui avait une chance de devenir un des pays où les droits fondamentaux des personnes trans’ sont respectés, a regretté Lalka Podobińska, la vice-présidente et co-fondatrice de Trans-Fuzja. Dire non à cette proposition est une occasion grandement manquée.» Des militant.e.s de l’organisation ont manifesté leur mécontentement devant l’entrée principale de la Chambre basse (photo).

«Le président polonais a complètement manqué de respect au processus démocratique, a déploré Arian Kajtezović, membre de Transgender Europe. Cela devrait être une source d’inquiétude pour tou.t.e.s en Pologne de voir qu’il a ignoré la demande expresse de ceux et celles qui sont démocratiquement élu.e.s. Il est lamentable que, en raison d’arrangements politiques faits en secret, le Parlement polonais n’ait pas été capable de donner une chance de voter pour annuler le veto, perdant une occasion d’améliorer la Pologne et de changer la vie de beaucoup.»

La proposition de loi, portée par la députée Anna Grodzka, était le fruit de trois années de travail.

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