Des «gestes prophétiques et isolés», c’est ainsi que les élu.e.s de la liste Versailles Familles Avenir (issue de la «Manif pour tous») qualifient le refus de Kim Davis, greffière du Kentucky, et Sabrina Hout, élue PS marseillaise, de célébrer des mariages de couples de même sexe (lire Comment Kim Davis est devenue la nouvelle icône anti-gay américaine et Mariage annulé à Marseille: cinq mois de prison avec sursis pour l’élue Sabrina Hout).

Dans leur tribune mensuelle, publiée dans le magazine municipal, Fabien Bouglé et Valérie d’Aubigny s’interrogent: «Sont-ce seulement les derniers soubresauts d’irréductibles? Oui, si toutes les personnes chargées de responsabilité vivant le même écartèlement continuent à faire le gros dos en attendant que de nouvelles lois imposent d’autres entorses à leur conscience. Mais, d’entorse en entorse, il risque de ne rester que d’informes serpillières. (…) Non, si nous disons d’une seule voix que, malgré la loi et les unions déjà célébrées, le mariage entre personnes de même sexe restera une anomalie dans l’histoire du droit de la famille, une fois la loi abrogée et le bons sens recouvré.»

Car, les élu.e.s du groupe Versailles Familles Avenir en sont convaincu.e.s, «de nombreuses voix autorisées (juristes, philosophes…) démontrent la faisabilité d’un tel renversement. Il n’y a ni fatalité ni irréversibilité. Le retour à une législation juste ne se fera que si la société retrouve une morale commune et une saine conception du politique: celui-ci n’est pas là pour accompagner les dérives de la société mais pour montrer le cap.»

En novembre 2014, ces mêmes élu.e.s s’inquiétaient de «l’infiltration du lobby LGBT» dans les écoles. Fabien Bouglé et Valérie d’Aubigny dénonçaient notamment «l’intervention d’un prostitué travesti militant, auteur de livres controversés et de textes poétiques d’un goût très douteux dans une école publique de Versailles», ciblant Dumortier, l’auteur du livre Mehdi met du rouge à lèvres, qui était intervenu dans une école de Versailles début 2014.