L’Association nationale transgenre (ANT) a lancé mi-septembre un petit livret intitulé Si mon genre m’était conté…. Si, comme son nom l’indique, cette brochure se présente sous forme de conte, dans «une ambiance graphique douce et colorée», elle aborde des sujets très sérieux. Présentation et explication par Delphine Ravisé-Giard, présidente de l’ANT.

Pourquoi ce livret? Ce livret est issu du projet à la fois de remplacer nos anciens documents informatifs aujourd’hui épuisés en direction de l’ensemble de la population transgenre mais aussi de toucher une nouvelle génération transgenre qui émerge, de plus en plus jeune. Il n’y avait en fait pas beaucoup d’outils informatifs en leur direction capables aussi d’être utilisés par leurs parents. Nous voulions aussi nous adresser aux parents d’enfants transgenres pour leur donner les premières informations sur le sujet.

Étudié pour être édité sous forme de livret au format «poche» plus pratique et adapté pour délivrer un maximum d’information de manière attractive et conviviale, ce document, qui a pour vocation d’être partagé, permet également de sensibiliser l’entourage de la personne transgenre sur ce que celle-ci ressent, ses difficultés mais aussi les premières pistes de réflexion pour l’aider dans ses démarches. Placé sous le signe de l’épanouissement de la personne et du respect de sa santé et de ses projets futurs, mettant notamment l’estime de soi en avant, le ton de l’écriture déconstruit les préjugés sur la question et place la personne transgenre comme apte à construire sa vie, comme tout un chacun.

À qui s’adresse-t-il? C’est un document grand public qui vise donc en premier lieu un public âgé de 15 et 25 ans sans pour autant négliger les autres tranches d’âge. Et les proches de cette population ne sont pas oublié.e.s.

Pourquoi avoir fait le choix du conte de fée et du tutoiement? Pour pouvoir parler à toutes ces personnes, il nous fallait utiliser un fil rouge qui parle à tout le monde de 7 à 77 ans. Et c’est le thème, l’univers des contes nous a semblé le plus adapté, universaliste, intemporel avec cet esprit de transmission de génération à génération. Et c’est aussi un pied de nez à celles et ceux qui pensent que le contes ne sont fait que de stéréotypes de genre style princes et princesses!

En ce qui concerne le tutoiement, c’est pour instaurer un rapport de convivialité et de proximité, permettant à la personne de s’identifier et de construire aussi elle-même son histoire, sa vie de manière épanouissante.  Personne n’a le droit de lui voler sa vie, son genre.

Comment ce livret a-t-il été financé? De quels soutiens avez-vous disposé? Il a été financé en grande partie par la réserve parlementaire accordée par la députée de Meurthe-et-Moselle de Nancy, Chaynesse Khirouni. Ensuite viennent la ville de Metz puis les associations partenaires suivantes: Adhéos (Saintes / La Rochelle), Arc-en-Ciel (Toulouse), le Centre LGBT de Paris-Ile-de-France, le Centre LGBT de Nantes, le CLGBT de Rennes, CIGaLes (Dijon), Contact (Lorraine), Couleurs Gaies (Metz), L’Egide (Lille), Equinoxe Nancy Lorraine, la Fédération LGBT, Homogène (Le Mans), le site internet Jeanpierrehumblot.fr, Quazar (Angers).

Où est-il distribué? Sorti lors le 19 septembre lors de la Rentrée des assoces du CLGBT de Paris I-d-F, il est distribué dans tous les centres LGBT partenaires. Bien sûr, toutes les associations et structures médicales ou sociales peuvent disposer de ce livret et nous allons lancer une campagne pour en donner aux structures et association qui en veulent , il suffit juste de nous écrire: secretariat@ant-france.eu.

Nous en avons imprimé 4000 exemplaires et il ne nous en reste plus qu’environ 1000. Si néanmoins la demande est importante il se peut que nous lancions une seconde impression en fonction de nos finances disponibles.

Avez-vous envisagé de le distribuer dans des établissements scolaires? Nous n’avons pas sollicité les établissements scolaire. Dans un premier temps nous essayons de prendre contact avec des acteurs éducatifs à travers les mairies mais il nous faut rassurer et sensibiliser dans un premier temps ces personnes pour qu’elles puissent s’approprier ce document. C’est un travail de longue haleine mais nous ne désespérons pas. De plus les associations qui font des interventions en milieu scolaire pourront si elles le veulent en parler à leurs interlocuteurs des établissements scolaires et présenter ce livret.

C’est un travail collaboratif où tout le monde peut jouer un rôle important pour lutter contre la transphobie, les préjugés, et informer le  mieux possible une population transgenre laissée pour compte par les pouvoirs publics, notamment la jeunesse.

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