Arrivé peu avant 14 heures avec son avocate Caroline Mecary, Jean-Luc Romero est d’abord interpellé par plusieurs médias (France 3, France Info) qui lui demandent les raisons de sa plainte. «Certains passent leur temps, en pensant être anonyme, à déverser leur haine. Ils doivent comprendre qu’insulter comme ça, tenir des propos homophobes, ce n’est pas la République».

Rappel des faits. En septembre 2013, peu avant et après son mariage, Jean-Luc Romero est la cible de tweets injurieux. Certains contiennent même des propos menaçants et homophobes. Le lendemain même de la cérémonie, un des messages contient des menaces précises: «Pour ma part, j’aimerai t’euthanasier au 9 mm». Au total, la défense de Jean-Luc Romero a pu lister plus d’une dizaine de tweets, parfois postés de comptes Twitter différents. Mais suite à une plainte déposée par l’élu du XIIe arrondissement, la police mène l’enquête et retrouve l’auteur présumé des ces appels au meurtre.

LE PRÉVENU SE PRÉSENTE SEUL
Le soleil inonde la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris. À tel point que la représentante du Parquet doit baisser l’un des stores pendant l’audience. Il est 14h45. À l’appel de son nom, le prévenu se présente, seul, devant la juge. Grand, crâne rasé, très pâle, il est âgé de 31 ans et demeure en région parisienne. Puis c’est au tour de Jean-Luc Romero et de son avocate de rejoindre la barre. Le greffier annonce alors que le prévenu vient de perdre son emploi et n’a pas pu prendre en charge les frais d’avocat. Il réclame donc le report du procès à une date ultérieure.

Après quelques minutes durant lesquelles et le ministère public et l’avocate du plaignant Caroline Mecary ont exprimé leur accord au report sous la condition qu’il ne puisse pas y avoir, sauf circonstances exceptionnelles, de nouveau report, la juge fixe la date du procès au 4 février 2016.

En sortant de la salle d’audience, Jean-Luc Romero se dit déçu, parce qu’il aurait aimé pouvoir confronter l’auteur présumé de ces tweets homophobes. Il explique qu’il pense aussi «aux jeunes lesbiennes et aux jeunes gays qui n’en peuvent plus de ce qu’il se passe sur les réseaux sociaux».

Le prévenu, lui, fait le signe de la victoire à la caméra mais refuse de parler à la presse et lance, en dévalant les escaliers du Palais: «L’avocate, elle va avoir des surprises».

Jean-Luc Romero réclame un euro de dommages et intérêts et ainsi qu’une somme de 3000 euros couvrant ses frais de justice. Par ailleurs, l’élu a annoncé à Yagg que le rendez-vous qu’il réclamait depuis des mois aux représentant.e.s de Twitter en France aura lieu le 9 octobre prochain.