En promotion pour le film Freeheld (en salles demain à New York et à Los Angeles), l’actrice Ellen Page était l’invitée de l’émission de Stephen Colbert. L’occasion de mettre en parallèle le sujet du film, dont elle partage l’affiche avec Julianne Moore, et l’évolution des droits civiques des couples de même sexe aux États-Unis.

Rappelant – sous un tonnerre d’applaudissements – son coming-out en 2014, l’animateur interroge l’actrice sur la façon dont elle a perçu l’accélération de l’acceptation des personnes LGBT ces dix dernières années: «Je crois que dans l’ensemble, les LGBT sont de plus en plus visibles. Plus les gens ont commencé à vivre leur vie, plus on a eu de films à ce sujet à la télévision, d’incroyables militantes comme Laurel et Stacie [les protagonistes de Freeheld, ndlr], ça a changé les mentalités. Ça a touché le cœur des gens, et a fait changer la perception de quelque chose qui était “autre” ou “différent”, et bien sûr fait comprendre que nous sommes pareils, et que tout ce que nous voulons c’est l’égalité et grandir dans une société qui ne nous fait pas nous sentir inférieur.e ou honteux/se, qui ne nous force pas à faire face aux répercutions que cela cause, ce qui est réellement destructeur.»

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«C’est adorable, c’est vraiment adorable, c’est presque comme si les couples lesbiens étaient comme tous les autres couples», l’a taquinée Stephen Colbert, après un court extrait du film. «C’est fou, hein?» a renchéri l’actrice. Stephen Colbert a ensuite abordé le sujet de la liberté religieuse, devenu désormais l’argument préféré des opposant.e.s à l’égalité des droits, puis a demandé à Ellen Page si elle avait craint de devenir un porte-drapeau après son coming-out, et de se charger d’un nouveau fardeau. L’actrice a répondu par une leçon de visibilité comme on aimerait en entendre plus souvent (prends-en de la graine, Matt Damon!):

«Je suis reconnaissante de ce que je ressens aujourd’hui en comparaison à ce que je ressentais quand j’étais dans le placard. Ce n’est pas un endroit où on aime être. J’étais triste, c’était toxique, et je ne souhaite à personne de vivre ainsi. En tant que personne, je suis très privilégiée, je suis très privilégiée en tant qu’homo (…) Je suis heureuse de pouvoir en parler, de partager ces histoires, rencontrer des personnes incroyablement inspirantes, être en lien avec elles. Je ressens de la gratitude.»

Après Freeheld (dont la sortie française est prévue le 3 février 2016), Ellen Page se prépare à d’autres projets dont la co-production d’un film sur l’histoire d’amour entre deux femmes, dans lequel elle jouera aux côtés de son amie Kate Mara (avec qui elle avait déjà collaboré dans une excellente parodie pour Funny or Die). Elle sera aussi à l’affiche de Lioness, dans le rôle d’une soldate lesbienne.

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