Le synode des évêques sur la famille débute ce dimanche, le 4 octobre, et se poursuivra pendant trois semaines, jusqu’au 25 octobre. Parmi les sujets sur lesquels devront plancher les évêques, ce que l’«Instrumentum Laboris» (document de travail) appelle pudiquement les «contradictions culturelles»: «droit à l’enfant», reconnaissance des couples de même sexe, «théories selon lesquelles l’identité personnelle et l’intimité affective doivent s’affirmer dans une dimension totalement affranchie de la diversité biologique entre homme et femme»… Ou, résumé par Famille chrétienne: «PMA, GPA, gender…».

C’est dans ce contexte que Jacques Gaillot, destitué en 1995, désormais à la tête de l’évêché fantôme de Partenia, a accordé un entretien au Point. Dès la première question, Mgr Gaillot entre dans le vif du sujet: «Nous espérons que des décisions seront prises, que l’on ira vers davantage d’ouverture. Je sais qu’il y a des résistances fortes au sein de l’Église, mais il est important d’ouvrir de nouveaux chemins. Le rôle de l’Église est d’accompagner, de soulager et non pas d’imposer des fardeaux nouveaux. Nous ne sommes pas là pour édicter. Il faut pouvoir donner une chance à un second mariage. De même, la société a offert plus de place aux droits des homosexuels, c’est une belle évolution. Les homosexuels ne sont pas des pestiférés, ils ont droit de cité. Il y a parmi eux des chrétiens qui demandent une bénédiction. C’est important. C’est une reconnaissance. Deux êtres qui s’aiment, c’est cela le plus important. On ne peut pas aller contre.»

Et d’enchaîner:

«Ce n’est pas le mariage des homosexuels ou l’accueil des divorcés qui vont détruire la famille classique. Ce qui lamine les couples, c’est le chômage, la précarité, la prison. Le mariage homosexuel n’est pas une menace pour la famille traditionnelle.»

En novembre 2014, Jacqus Gaillot écrivait au Pape François pour l’encourager à aider l’Église catholique à «rencontrer son temps» (lire Mgr Gaillot: «Quand la société évolue, l’Église est obligée d’évoluer»). Le 1er septembre dernier, il a été reçu par le pape, en compagnie de Daniel Duigou, curé de l’église Saint-Merry, à Paris.

«Je lui ai dit qu’il m’arrivait de bénir des couples divorcés-remariés et même des couples homosexuels, a-t-il raconté au Point. J’ai ajouté: “On bénit bien des maisons, on peut donc bénir des personnes”. Cette phrase a fait sourire le pape. Il a abondé dans mon sens et il a dit: “La bénédiction de Dieu est pour tout le monde”.»

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