Les journalistes Nadia Lamlili et Youssef Aït Akdim livrent sur Jeune Afrique une analyse passionnante de la situation marocaine sur les questions liés aux moeurs. Ces derniers mois, de nombreux incidents ont en effet émaillé l’actualité: polémique autour de Much Loved, un long métrage dans le monde de la prostitution, expulsion de deux militantes Femen protestant contre la criminalisation de l’homosexualité, arrestation d’un couple d’homosexuels, etc.

FORTE POLARISATION ENTRE MODERNISTES ET CONSERVATEURS
Selon les journalistes de Jeune Afrique, cette série d’incidents « dénotent une forte polarisation entre modernistes et conservateurs. »
Et ces faits divers ont un dénominateur commun:  » une focalisation sur les questions de mœurs et les interdits liés au sexe, amplifiée – c’est une nouveauté – par les médias et les réseaux sociaux ».
Ce qui est nouveau également, selon le sociologue Mehdi Alioua, enseignant à l’université internationale de Rabat, c’est qu’une forme de tyrannie, essentiellement masculine, s’exerce aussi dans la rue.
« Auparavant, poursuit Alioua dans l’article, l’ordre moral s’exerçait dans les espaces privés. Mais en public, les Marocains étaient cosmopolites et pratiquaient le vivre-ensemble. Aujourd’hui, cette règle s’est inversée. On est devenu plus souple dans les cercles privés: les femmes assument leurs choix de mariage et de divorce, les enfants ont leur place dans le dialogue familial, les parents se consacrent davantage à la cellule conjugale. En revanche, dans les rues, l’ordre moral des anciennes générations est revenu en force, refoulant toute tentative de changement. »
Et le code pénal reste très répressif, ce qui augure mal de changements significatifs prochainement.
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