Summer-SangaileEn vacances avec ses parents dans une station balnéaire, Sangaïlé, 17 ans, croise le chemin d’Austé. Elle est tout son contraire: alors que la timide Sangaïlé est toute de tendons et d’os, le regard gris et mélancolique, Austé, le sourire charmeur et mutin, cultive un look de pin-up rétro. Tout les oppose et pourtant, l’une et l’autre vont s’attirer comme des aimants.

La réalisatrice Alanté Kavaïté ne s’attarde pas sur le coming-out, la réaction de l’entourage, ou sur les doutes et autres questionnements que l’une ou l’autre des protagonistes pourraient avoir. Elle fait le choix de se concentrer sur leur relation amoureuse naissante et la sublime avec une mise-en-scène lumineuse et des plans tout en mouvement. A travers l’histoire de Sangaïlé, qui rêve secrètement de devenir aviatrice, elle touche aussi à un sujet sensible, celui de l’auto-mutilation, mais parvient habilement à éviter la caricature, la dramatisation à outrance et le jugement. C’est le regard tendre et bienveillant d’Austé qui va petit-à-petit aider Sangaïlé à se débarrasser de ses peurs et à prendre son envol. A gagner sa liberté.

Summer tire aussi une grande force de ses décors, avec l’environnement si particulier qu’offre la ville d’Elektrénai (réputée comme étant la plus laide du pays). HLM, centrale électrique, chantiers, champs d’herbes folles… Alanté Kavaïté insuffle subtilement de la poésie dans chaque lieu pour le rendre irréel, voire presque féérique. Enfin, la bande originale du film signée JB Dunckel, la moitié du duo électro Air (qui signait déjà la musique d’un chef d’œuvre de mélancolie adolescente, Virgin Suicides en 1999), vient ajouter une dimension pop toute en finesse à ce film solaire et plein d’audaces.

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Summer, d’Alanté Kavaïté avec Julija Steponaïtyté et Aisté Dirziùté.