Le président du club Paris Foot Gay a été victime d’une agression homophobe tard dans la nuit du samedi 25 au dimanche 26 juillet, à proximité de chez lui. Interrogé par l’AFP hier, Julien Pontes a raconté le déroulement de l’altercation: «Je rentrais avec mon mari un peu avant 1h à notre domicile dans le XIe. Je terminais ma cigarette. Trois jeunes gens arrivent pour me demander une cigarette. Ils étaient un peu chauds. L’un d’eux avait un objet à la main. l’ambiance n’était pas amicale». Julien Pontes refuse, et les coups pleuvent: tandis qu’il est frappé à coups d’antenne de voiture, son mari est suivi dans le hall de l’immeuble et lui aussi frappé. Julien Pontes affirme avoir entendu une injure homophobe. «Moralement et physiquement» très touché, Julien Pontes a accepté de répondre aux questions de Yagg.

Le Président du Paris Foot Gay victime hier d’une agression homophobe alors qu’il rentrait chez lui avec son mari. Un dé…

Posted by Paris Foot Gay on dimanche 26 juillet 2015

Julien Pontes et son mari n’ont pu se rendre au commissariat qu’hier soir pour déposer une plainte pour violences volontaires en réunion avec armes par destination en raison de l’orientation sexuelle. «J’avais des obligations familiales et il n’était pas question que les agresseurs m’empêchent de voir ma famille», a expliqué à Yagg Julien Pontes.

«Sur le coup, on fonctionne comme un robot. Ce n’est qu’après qu’on prend conscience de ce qui s’est passé.»

Il a aussi donné aux enquêteurs/trices des éléments d’identification afin de pouvoir retrouver les agresseurs. Julien Pontes n’a pas encore pu être examiné aux urgences pour savoir à combien de jours son incapacité totale de travail (ITT) sera évaluée.

LE CHOIX D’EN PARLER
Tout comme l’a fait la nageuse Mélanie Hénique, elle aussi victime d’agression en raison de son orientation sexuelle fin juin, Julien Pontes a choisi de parler ouvertement de ce qui lui est arrivé: «Après une discussion collective, on a décidé d’en parler sur nos réseaux sociaux, car quand le président d’une association est agressé, cela concerne aussi la vie de l’association. C’est un sujet sensible, mais c’est une affaire privée», affirme-t-il.

NOUVEAU COUP DUR
Alors que Julien Pontes traverse cette épreuve, un autre épisode douloureux lui revient en tête: En octobre dernier, le Paris Foot Gay avait en effet dénoncé les propos homophobes d’un supporter marseillais, ce qui lui avait valu d’être pris pour cible par de nombreux supporters de l’Olympique de Marseille. Un moment que Julien Pontes évoque avec consternation: «On n’est pas des machines, on est des militants, des êtres humains, ajoute-t-il en mentionnant les constats d’huissiers des centaines de mails de menaces et d’insultes que l’association reçoit. «Une pétition avait été remise à Claude Bartolone, une proposition de résolution parlementaire de lutte contre l’homophobie dans le sport a été déposée en février 2014» affirme Julien Pontes. Une proposition, qui aujourd’hui, n’a toujours pas été examinée à l’Assemblée.

DE QUOI «FAIRE RENONCER» LES MILITANT.E.S
Mais d’un point de vue personnel et humain, Julien Pontes sait qu’il gardera de profondes traces de cette agression: «C’est la première fois que cela m’arrive. Là, je parle en tant qu’homme et en tant que militant, non en tant que président d’association, il s’agit de mon ressenti: Je ne sais pas si je pourrais continuer… Peut-être qu’on a perdu», songe-t-il, visiblement découragé, face à une homophobie qui lui parait toujours aussi présente, toujours aussi décomplexée. «Il s’agit de mon expérience personnelle, mais je sais qu’on peut faire renoncer des militant.e.s à coup de cravache. En soi, mon cas est inintéressant, il est simplement révélateur.»