Au lendemain de la liquidation judiciaire de Têtu, Slate.fr consacre une longue enquête à la presse LGBT et sa nécessité ou non. Notre confrère Florian Bardou (qui a collaboré aussi à Yagg) a interrogé des journalistes de la plupart des médias LGBT (Têtu, Well Well, Well, Hétéroclite, Yagg, etc.) afin de savoir si les difficultés seraient dues au fait que ces médias ne satisferaient plus aux attentes des lecteurs et des lectrices ou si ils seraient en décalage par rapport aux nouveaux modes de vie des LGBT post mariage pour tous. Les avis sont loin d’être unanimes. Pour Yannick Barbe, directeur de la rédaction de Têtu, « les missions des médias LGBT ont évolué depuis 20 ans. »

Une presse que les militant.e.s jugent indispensables, à l’instar de Thomas Dupuy, du Centre LGBT Paris Ile-de-France, qui affirme: « La presse est le seul moyen de réveiller le militantisme et de rappeler que le mariage ne suffit pas. »

Florian Bardou a également interviewé des chercheur.e.s dont Ilana Deloit, doctorante en sociologie à la London school of Economics qui travaille sur les mouvements lesbiens des années 1970-80. Selon elle, la presse LGBT n’est pas un miroir de la communauté mais « elle la personnifie, la crée, voire lui donne un visage. »

Avec la disparition de Têtu, certain.e.s s’inquiètent du manque de visibilité des questions LGBT dans l’espace public. C’est pourquoi Marie Kirschen, ex responsable de Têtue et actuellement rédactrice en chef de Well Well Well, affirme que des médias lesbiens sont indispensables.  « Les filles ont tendance à être invisibilisées par rapport aux gays. C’est important qu’il y ait de la pluralité au sein de la presse LGBT », explique-t-elle.

La presse LGBT a-t-elle encore un avenir? Oui selon Jérémy Patinier, directeur de la revue Miroir/Miroirs pour qui le vide laissé par Têtu sera vite comblé.

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