Le 10 juillet dernier, le journaliste iranien Amir Taheri a annoncé sur son compte Twitter l’exécution par pendaison d’un jeune iranien de 14 ans accusé d’être homosexuel. Dans un article publié sur son blog, Scott Long raconte avoir cherché à rentrer en contact avec lui afin d’obtenir plus d’informations. Sans succès. En l’absence de réponses du journaliste, Scott Long a entamé des recherches dans la presse iranienne pour obtenir plus de détails et a écrit à plusieurs associations LGBT. Résultat: Personne n’avait eu écho de cet adolescent gay.

Parti d’un simple tweet sans plus de sources ou de détails, l’information non vérifiée a pourtant fait l’objet d’un article sur le site Gaystarnews. Scott Long souligne que le journaliste Amir Taheri n’en est pas à son premier mensonge, il est même allé jusqu’à inventer la mort d’Oussama Ben Laden en 2002 ou encore à diffuser de fausses citations d’individus. L’article du site ne s’appuie donc que sur un tweet: «Le journaliste n’a clairement pas demandé à des militant.e.s LGBT ou à des organisations pour se renseigner, déplore Scott Long. Il était plus important de faire les gros titres.» Il critique par ailleurs l’utilisation d’une photo de la pendaison de deux jeunes hommes à Mashhad datant de 2005 pour illustrer le sujet. L’exécution avait été très médiatisée à l’époque en Occident. Le blogueur revient sur la frénésie médiatique suite à cet événement particulièrement choquant: «Cette célèbre image, datant d’il y a exactement dix ans, résonne avec détresse et horreur. Et les cyniques et les opportunistes savent que c’était un piège à clics. En fait, les deux jeunes n’étaient pas exécutés parce que gays. Ils étaient condamnés pour le viol, sous la menace d’un couteau, d’un garçon de treize ans. Dire qu’ils étaient amants a beaucoup circulé parmi les militant.e.s occidentaux: mais aucune preuve n’est venu le confirmer.»

Le militant accuse ainsi les médias de faire preuve de sensationnalisme en diffusant des informations sans forcément des preuves à l’appui. Dans la seconde partie de son post, Scott Long évoque également l’usurpation d’identité dont il a été victime peu de temps après ses recherches. Avec un faux compte Twitter, quelqu’un l’a fait passer pour un islamiste pro-iranien. Certains tweets auraient, selon Scott Long, facilement pu l’envoyer en prison.

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