A l’approche du début de la campagne présidentielle de 2016 en Ouganda, un candidat s’est ouvertement opposé à l’homophobie. C’est une première dans l’histoire de ce pays africain.

L’ancien Premier ministre Amama Mbabazi s’est exprimé sur ses positions face à l’homophobie sur le plateau de NBS Television Uganda le 17 juillet dernier: «Je m’oppose à l’homophobie, a-t-il déclaré. Même si je pense que le mariage ne doit être qu’entre un homme et une femme, l’homosexualité n’est pas quelque chose de nouveau. Je le dis clairement, il ne devrait pas y avoir de discriminations envers les homosexuel.le.s, ce n’est pas la plus grande menace du pays à l’heure actuelle». En 2012, les Anonymous avaient piraté le site d’Amama Mbabazi lorsqu’il était encore Premier ministre pour lancer des messages pro-homo à l’occasion de la première Pride dans le pays. L’action avait été critiquée à l’époque, notamment parce qu’elle ne prenait pas en considération le contexte du pays et la situation des militant.e.s LGBT. Désormais, Amama Mbabazi défend très clairement la cause LGBT.

Les déclarations du candidat risquent de choquer la société ougandaise où l’homosexualité est considérée comme une «importation occidentale». Une nouvelle loi votée fin 2013 et promulguée par le président Yoweri Museveni début 2014 prévoyait des peines de prison pouvant aller de quatorze ans à la perpétuité pour les personnes reconnues coupables d’avoir des relations avec des personnes de même sexe. Cette loi a finalement été annulée l’été dernier, mais la préparation d’un nouveau texte, plus dur, est en cours de discussion dans le pays.

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Cependant, Amama Mbabazi ainsi qu’un autre candidat ont été arrêtés le 9 juillet dernier. D’après Afrik, l’ancien Premier Ministre aurait organisé des meetings sans autorisation. Il n’est pas certain pour le moment que cette arrestation aura un impact pour la suite de sa campagne. Au pouvoir depuis près de trente ans, Yoweri Museveni, l’actuel président, sera en tout cas l’un de ses adversaires.