Le 29 juin dernier, un homme présumé gay a été agressé par une foule dans les rues de Fès au Maroc. Très rapidement, deux hommes suspectés d’avoir participé à cet acte ont été arrêtés.

Suite à cela, le ministre de la Communication Mustapha El Khalfi s’est exprimé au nom d’Abdelilah Benkirane, le chef du gouvernement marocain, après le conseil du gouvernement du 2 juillet. «Le chef du gouvernement n’a pas du tout apprécié ce qui s’est passé à Fès. Il faut condamner ces dérapages avec fermeté, a-t-il déclaré. Un citoyen n’a pas à se faire justice lui-même car il y a des institutions qui s’occupent de cela et que les autorités ne permettent pas que d’autres personnes indépendantes appliquent la loi». Malgré sa volonté de punir les personnes à l’origine de cette agression, le chef du gouvernement marocain laisse donc entendre son refus de décriminaliser les relations entre personnes de même sexe. Pour lui, les citoyen.ne.s ne doivent pas s’en prendre aux personnes gays, lesbiennes ou bies… mais les dénoncer et laisser les autorités s’en charger: «L’Etat ne doit pas avoir de partenaire dans la lutte contre les infractions ou les atteintes à la loi ou aux mœurs, a-t-il expliqué lors du conseil du gouvernement. Toute personne ayant un avis ou une plainte doit s’adresser aux autorités.»

Plus récemment, le 15 juillet à Salé, Abdelilah Benkirane s’est de nouveau exprimé sur le sujet: «Les citoyens qui souffrent de cette tare devraient se cacher. C’est haram, et c’est dans le Coran», a-t-il affirmé, tout en ajoutant que l’homosexualité ne saurait être acceptée dans l’espace public, comme l’a prouvé la condamnation de quatre mois de prison d’un couple d’hommes au Maroc récemment. Abdelilah Benkirane invite à respecter la vie des gens… du moment que ce qu’ils font ne sort pas du cadre privé. «Nul n’a le droit de s’imposer en juge, et d’essayer de changer les choses avec la violence», a-t-il ajouté.

Sur la question du mariage pour tous au Maroc, le chef du gouvernement a clairement affirmé que cela ne risque pas d’arriver de sitôt. «A-t-on déjà réussi à marier les hommes avec les femmes, pour envisager de marier les hommes aux hommes?», a-t-il interrogé en référence à la baisse du taux de mariages dans le pays.